J'aurai voulu vous affirmer que je suis
née avec un talent et de l'or au bout des
doigts. J'aurai voulu vous dire que ce que je
vais vous raconter est magnifique et que
vous pourrez plus décrocher de cette histoire.
Mais non. Je n'écris pas à merveille mais
j'aime ça. Je ferai mon possible pour que vous
aimiez lire ce que j'écris. J'esserai de pas faire
trop de fautes d'orthographe et que tout soit
parfait. Mais je nevous garantie rien. Rien
du tout. J'espère vraiment que ça vous plaira.





Ahem.. Vous avez le droit de
laisser des commentaires =)

# Posté le lundi 24 septembre 2007 10:00

Modifié le dimanche 25 mai 2008 09:12

Introduction. Mise en bouche. Présentation. C'que vous voulez quoi...

Introduction. Mise en bouche. Présentation. C'que vous voulez quoi...
Toute ma vie on m'a répété « T'es belle Louise. » Cela fait 16 ans que mes grands yeux bleus et mes longs cheveux blonds fascinent. Depuis mon entrée au lycée, mon prénom a disparu pour les autres qui ne me connaissent uniquement sous le surnom de « Barbie ». Et croyez-moi, je m'en passerai bien. Les filles me détestent. Jalouses, elles me lancent des regards noirs dès qu'elles me croisent ou au mieux, m'ignorent superbement. Quant aux garçons, je les attire tous, comme un aimant. Je ne compte plus le nombre de « T'es bonne. » que l'ont m'a crié quand je rentrais chez moi. Ni les « Tu voudrais pas qu'on se fasse un ciné ? » qu'on m'a balancé, le regard rivé sur mon décolleté. On a beau penser que je suis la fille la plus chanceuse du pays, seuls ceux qui me connaissent vraiment savent que ce n'est pas le cas. Ma mère est morte quand j'avais trois ans dans un accident de voiture. C'est une mort banale comme il en apparaît souvent dans les séries américaines, mais lorsque c'est la femme que l'on appelle « maman » qui disparaît, même un vulgaire accident de voiture n'est pas banal. Mon père, Philipe, a souvent voulu compenser cette absence en me racontant des histoires, puis en m'assurant plus tard que je pouvais tout lui dire et qu'il m'écouterait si j'avais des problèmes de c½ur. Mais des problèmes de c½ur, je n'en ai jamais eu. Je suis la fille qui fait souffrir les garçons et non que les garçons font souffrir. Et même si ç'avait été le cas, je ne lui aurais jamais dit. J'aurai préféré en parler à mon grand frère, Nathan, qui a toujours été mon unique réconfort quand ma solitude quotidienne me pesait beaucoup trop. Il a un an et demi de plus que moi, mais c'est comme si l'on était des jumeaux car personne ne me comprend mieux que lui. Pourtant, il n'a jamais vécu ce que j'ai vécu, en dehors bien sûr de la perte de maman qui nous uni comme jamais. Il est totalement différent de moi : sociable et souriant, il ne sait pas ce que c'est que de se retrouver en plein milieu d'une cours de récréation où des groupes se forment en parlant et en rigolant, pendant que l'on a pour seul confident du moment un casier. Mais autant il est mon contraire moralement parlant, autant on peut voir que l'on est frère et s½ur uniquement en nous regardant. Il est mon clone en version masculine et je suis la première à lui rappeler dès qu'il l'oublie qu'il est beau à en crever. Bien sûr, je n'ai pas toujours été seule. Depuis mon entrée en maternelle, Naïm est mon unique et meilleur ami. Mais il y a deux ans, il est reparti en Tunisie, le pays où il a vécu à peine 6 mois de sa vie. Mais M. Sarkozy a tenu à nous séparer. Et c'est là réellement que mon grand désespoir a commencé. Depuis, je n'ai plus de nouvelles de lui. Je ne sais pas s'il pense encore à moi comme moi je pense à lui mais je sais qu'il ne m'a pas oublié. Et les récréations que l'on passait habituellement ensemble au collège, sont devenues un enfer au lycée. J'essaye de rester avec des garçons de ma classe en tentant de faire abstraction de leurs remarques salaces... Si seulement j'avais une amie. Une fille qui comprenne mes problèmes de règles et d'épilation et qui soit là quoiqu'il arrive...

# Posté le jeudi 27 septembre 2007 14:07

Modifié le dimanche 02 décembre 2007 11:43

Chapitre 1

Chapitre 1
Première Partie

Vendredi 24 octobre, 10h, l'heure de cette récréation de merde. Je descendis vers mon casier, sous le préau, y déposa mon sac et me retourna vers les autres. Je peux vous assurer que l'on n'est jamais plus seule que face à une foule de personnes pour qui l'on est complètement transparente. Le petit groupe de porcs avec qui je restais habituellement était introuvable. Fallait que je trouve quelqu'un d'autre, je pouvais pas rester toute seule à broyer du noir. Alors je pris mon courage à deux mains et partis vers l'autre groupe de garçons de ma classe. C'était des fashions-emos méchés et j'étais sûr qu'ils possédaient un crayon khôl, un fer à lisser et beaucoup plus de slims que moi. Avec eux, il y avait ces filles, ces réincarnations de la futilité, qui me méprisent de toutes leurs forces: Audrey, Orianne et Julia. Mais je me dis qu'il était peut-être temps qu'on mette les choses au point. Après tout, je ne leur avais rien fais pour qu'elles me détestent autant. Plus la distance qui nous séparait se réduisait, plus mes membres inférieurs se décomposaient. Je ne savais pas quoi leur dire, je ne savais pas par où commencer. Et ma bouche sèche, n'avait de toute évidence pas envie de s'ouvrir. Mon coeur battait, fort. Trop fort. Ils voyaient que je m'approchais d'eux et me regardaient bizarrement.

Moi: Je... Je peux rester avec vous ? Parce que... Je suis toujours toute seule et...

Ils se lancèrent à tour de rôle des regards stupéfaits et si un martien était venu leur dire ça ils n'auraient pas été plus étonnés. Ludovic, celui que je soupçonnai d'être le frère caché de Zac Effron, plissa ses yeux noirs aux longs cils. Lui, il n'était pas surpris et je savais très bien en quel honneur j'avais droit à ce regard assassin.

Ludovic: Ecoute Barbie, faut pas t'étonner si t'es "toujours toute seule" comme tu dis. Parce qu'avec Alexis, on a essayé à tour de rôle de te proposer un ciné ou de manger avec toi. Et la seule chose que t'as trouvé à répondre c'est "Dégage". Alors oui t'es belle et super bien foutue, mais tu vois, ça fait pas tout.

Bam ! Prends-toi ça dans la gueule ma chérie ! Mais surtout ne pleure pas ! Soit forte et ne pleure pas...

Moi en baissant les yeux: Je suis désolée...
Ludovic: Non, mais c'est trop tard. Perso, j'ai plus envie de te voir.

Je pris une grande respiration histoire de ravaler mes éventuelles larmes et baissais à nouveau les yeux regardant mes converses noires plus destroy que jamais. Puis je relevai la tête. Les garçons avaient disparu mais les filles me regardaient, gênées. Orianne fut la première à briser le silence.

Orianne en me prenant le bras: Fais pas attention à ce qu'a dit Ludo. Il vient de perdre sa grand-mère et il en veut au monde entier.
Audrey: Ouais... Puis tu sais, tu nous as jamais donné envie de te proposer de rester avec nous. Enfin...
Moi: Mais... Je pensais que vous me détestiez.
Julia: Pourquoi ? Tu nous as rien fais. Mis à part le fait que tu fais tomber les garçons comme des mouches. Mais c'est pas très important et on va pas t'en vouloir parce que t'es belle.

Je souris et pas de ce sourire hypocrite dont j'orne mes lèvres quand les circonstances l'imposent. Non, un beau et grand sourire dévoilant mes dents blanches et bien alignées. Un sourire plus sincère que jamais. Et elles me sourirent à leur tour. Orianne passa sa main dans ses cheveux châtains et s'asseya sur le muret derrière elle. Ses lèvres naturellement très colorées s'étirèrent en un second sourire et elle me fixa de ses yeux verts comme un appel à la rejoindre. Je m'assis alors à côté d'elle. Julia paraissait ailleurs et lançait des regards furtifs au groupe de garçons qui nous avait quitté il y a peu. Elle fini par sortir un miroir de sa poche, passa un coup de brillant à lèvres sur sa bouche rosée, rattrapa le noir qui avait coulé sous ses yeux noisettes avec son index et replaça sa frange brune en quelques coups de main.

Julia: Je vous laisse, je vais voir Alex. On se rejoint devant la salle ?
Orianne: Ouais, vas-y.

Elle partit et Audrey lança un regard complice à Orianne. Elle, elle était grande et très mince, du style, 1m75, 50kg. Du coup, elle n'avait pas de poitrine, pas de fesses, pas de formes. Ses joues étaient assez creuses mais ses yeux étaient magnifiques alors on ne pouvait se concentrer que sur ça. Ils était grands, marrons clairs à reflets roux. Oui des yeux à reflets roux et des cils d'une longueur surprenante. En fait, toutes avaient leur charme.

Orianne: Bon alors je t'explique pour que tu sois pas trop perdue. Julia sort avec Alexis depuis 3 mois et Audrey, elle est amoureuse de Ludo.
Audrey rougissant: Maaais !
Orianne: Bah quoi ? C'est vrai !
Moi à Orianne: Et toi, t'aimes personne ?
Orianne levant les yeux vers Audrey en souriant: Pas de copains, pas de chagrins.
Audrey: Pourquoi tu me regardes en disant ça ?
Orianne: Franchement je me le demande ! Enfin... (me regardant) Et toi, y a pas un garçon de la bande te plait ? Mis à part Alex et Ludo, bien sûr.

Je réfléchis un moment, le regard tourné vers les garçons. Je trouvais Mathieu trop maigre et Adrien trop blanc. Benjamin c'était probablement le plus beau après Ludovic. Il avait le teint mat et des grands yeux gris perle magnifiques. J'espérais d'ailleurs qu'il ne plante jamais son regard dans le mien au risque d'en perdre tous mes moyens. Mais Ludo, c'était le plus beau. Il dégageait un charme incroyable et même si ses yeux n'étaient pas aussi grands ni aussi clairs, il avait ce sourire en coin à la Tom Kaulitz et ce regard malicieux qui avaient le don de me faire craquer. En attendant, il ne me regardait uniquement comme un assassin regarde sa victime.

Orianne après quelques instants: Alors ?
Moi: Euh... Benjamin il est pas mal.
Orianne: Et en plus il embrasse supeeer bien !
Audrey: Elle en sait quelque chose, crois-moi ! Elle a eu l'honneur d'être sa copine pendant 4 mois.
Moi: Pourquoi t'es plus avec s'il embrasse si bien ?
Orianne: On s'est engueulé et je l'ai plaqué sur un coup de tête. Je l'ai bien regretté après, mais maintenant je le considère comme un ami. Dis, tu fais quelque chose demain ?
Moi: Euh... Non, pourquoi ?
Audrey: Y a une soirée de prévu chez elle et Alex.
Moi la coupant: Alexis c'est...
Orianne: Mon frère oui. Tu crois que c'est pourquoi qu'on a le même nom de famille ?
Moi: Ah ouais... J'avais pas fais attention.
Orianne en me tapotant la tête: Normal, t'es blonde !
Moi en levant les yeux au ciel: Facile...

Je savais que contrairement à l'année dernière, mes récréations seraient moins redoutées et plus mouvementées. Cette pensée suffisait à me mettre de bonne humeur pour la semaine. Tous les garçons suivirent les filles et se mirent à m'apprécier très rapidement. A part Ludovic qui s'appliquait à faire exception à la règle. Le reste de la journée se déroula à merveille. Plus les heures défilaient, plus je me rapprochais de ces gens dont je ne savais rien il y a quelques heures. Vers 17h, à la fin des cours, je rentrais chez moi à pieds en compagnie d'Alexis et Orianne qui s'avéraient habiter dans la même rue que moi.

Orianne: Tu veux pas qu'on aille faire les magasins demain ? J'ai rien à me mettre, ça fait peur !
Moi: Oui si tu veux. Quelle heure ?
Orianne: On dit... 14h comme ça on rentre pas trop tard. Je passe te chercher ?
Moi lui faisant la bise: Ca marche à demain.

Je dis aurevoir à Alex puis m'engageai dans l'allée qui conduisait à mon chez moi. C'était une grande maison dans laquelle j'habitais depuis le décès de mon grand père, c'est à dire depuis 5 ans. Grâce à l'héritage, on avait pu la retapper et en faire quelque chose de magnifique. Quand on est dans l'entrée, à droite, il y a la cuisine dans les nuances de gris avec quelques éléments du mobilier rouges. En face, il y a le salon dans les tons de beige et teck avec de grandes fenêtres qui donnent sur le jardin et un coin salle à manger, séparer du reste de la pièce grâce à un pan de mur garni de photos en noir et blanc. Entre la porte d'entrée et celle des toilettes, un escalier en colimaçon s'élevait jusqu'au deuxième étage et était relayait par un second qui montait au troisième, là où les trois pièces essentielles à mon existence était réparties. En face des escaliers, il y avait ma chambre, mon refuge où je reste la plupart du temps quand je suis en crise avec mon frère où qu'il veut être seul. A gauche, la chambre de Nathan où je squatte la plupart du temps, surtout si l'on se ligue contre mon père et ses méthodes éducatives minables. Et à droite, la salle de bain, lieu essentiel au bonheur de toute filles superficielles qui se respectent. Ne faisant pas parti de cette catégorie de personnes, contrairement à ce que peut faire croire ma chevelure blonde naturellement péroxydée, la salle de bains ne m'est pas essentielle, juste extrêmement importante. Et oui je m'entête à le dire, je n'ai de futile que l'apparence et je n'y peux rien. Ou quasiment...


Deuxième Partie


J'introduisis la clé dans la serrure, ouvris la porte, entrai et la refermai en un coup de pied. C'était d'un calme inquiétant à une heure où Nathan écoutait habituellement du Korn à plein volume.

Moi en montant vers les étages: Nathan ? T'es là ?

Pas de réponses, juste le craquement des marches en bois sous mes pieds. Je poursuivis mon chemin jusqu'à arriver devant la porte de sa chambre. Je toquai et attendis une réponse. Puis la porte de la salle de bains se dévérouilla et il sortit, une serviette blanche nouée autour de la taille en séchant ses cheveux à l'aide d'une autre serviette. On aurait dit un californien revenant de son après-midi de surf, alors que c'était un petit parisien revenant de ses cours.

Moi: Ah bah t'es là !
Nathan passant devant moi et m'ébouriffant les cheveux au passage: Ouaip. Bonne journée ?
Moi arborant le sourire que j'avais affiché une bonne partie de la journée: Haaan ouais super ! Habille-toi, je vais poser mes affaires et je te raconte !

Je partis dans ma chambre, jetai mon sac à travers la pièce enlevai mes Converse avec hâte, mon slim, enfilai mon magnifique pantalon de pyjama et repartis dans la chambre de Nathan. Il était dos à moi, devant son miroir, portait son plus beau jean et boutonnait sa chemise.

Nathan m'ayant vu arrivée: Alors ? Ta journée ?
Moi: Bah pourquoi tu t'habilles ? Tu sors ?
Nathan se retournant vers moi avec sa chemise à présent boutonnée: On ne répond pas à une question par une autre question !
Moi m'étalant sur son lit: Ouais ouais je sais. Bon je te raconte et tu m'expliques après.

Je lui racontai alors dans les moindres détails ce que j'avais vécu ces sept dernières heures en changeant de temps à autre de positions. Lui ne bougeait pas, muet, il m'écoutait avec visiblement peu d'intêret.

Moi après lui avoir TOUT raconté: Voilà ! Dis, tu m'as écouté ?
Nathan me regardant enfin: Mais oui ! Je suis super content pour toi, vraiment. J'espère que le temps où tu rentrais en pleurant est enfin révolu.
Moi: Ouais... Bon, tu vas peut-être m'expliqué pourquoi tu t'es si bien habillé alors que tu traînes habituellement avec ton pantalon à carreaux.
Nathan: Je sors.
Moi: Mais encore ?
Nathan: Avec une fille.
Moi: Elle s'appelle ?
Nathan: Laura.
Moi: Elle a quel âge ?
Nathan: 17 ans.
Moi: C'est quoi son nom de famille ?
Nathan: Tu veux peut-être sa carte d'identité aussi, nan ?
Moi en rigolant: Oh ça va ! Je me renseigne. Et puis on répond pas à une question par une autre question !

Il se mit à rire et sauta sur son lit pour me tuer à coups de chatouilles. On redevenait alors ces gamins insouciants que la puérilité fait vivre. On riait à s'en couper le souffle, nos abdos étaient en feux tandis que des crampes s'emparaient de nos joues. Puis il s'allongea à côté de moi, à bouts de force en riant encore un peu. Moi j'inspectais mon ventre à genoux en reprenant ma respiration.

Moi: T'as vu ce que tu m'as fais ? Je suis toute rouge !
Nathan s'asseyant en tallieur face à moi: Chochotte ! Au fait, ce soir papa est pas là. Il m'a appelé, il a un article à finir et il rentre vers minuit.
Moi me laissant tomber en soupirant: Ouais comme d'habitude. Ca veut dire que je fais à manger, c'est ça ?
Nathan: Je le fais si tu veux. Je suis de bonne humeur.
Moi me relevant: T'es un ange.

Papa était journaliste au Monde. Il était donc très courrant qu'on ne le voit pas d'une semaine. Nos vies étaient tellement décallées... Il partait au bureau à 10h du matin et il était rare qu'il rentre avant 20h. Jusqu'à mes 7 ans, une baby-sitter venait nous garder. Par la suite, c'est mon frère qui s'est chargé de me rabacher qu'on ne parle pas la bouche pleine et qu'on ne met pas les coudes sur la table.
Je partis dans ma chambre et me décomposai face au bordel qui y régnait. On ne voyait plus le parquet tellement il était recouvert de sous vêtements en tout genre. Mes pantalons et t-shirts s'étaient attribués ma chaise de bureau comme porte manteau. Mon bureau, lui, croulait sous une tonne de feuilles. Quant à mon lit, il disparaissait sous tout un tas d'objets qui en règle général n'ont strictement rien à faire là. Le pire était de savoir que je l'avais rangé il y a une semaine et que là, je pouvais de toute évidence tout recommencer. Je ramassai toutes ces fringues, les jetai dans le panier à linge sale et entassai les feuilles dans un coin de mon bureau. J'ouvris ensuite mon agenda, et là, horreur : des devoirs en masse. Exercices, DM, rédac, TP, interros... Je me demandai encore comment j'avais fais pour tout faire tenir sur la même feuille. Et surtout comment j'avais pu laisser s'accumuler toutes ces choses sans penser à m'avancer. Parfois, je me trouve très conne...


Fin de ce chapitre.
Bien ? Pas bien ?
Je veux votre avis.

# Posté le vendredi 28 septembre 2007 17:24

Modifié le lundi 18 février 2008 07:44

Chapitre 2

Chapitre 2
Il va y avoir dans ce chapitre un bout de chanson écrit par moi.
C'est en anglais alors pour les non bilingues,
la traduction de chaque vers est en dessous en italiques et en blanc.
Je vous conseille de lire d'abord en anglais et ensuite en français,
parce que sinon ça perd tout son sens et y a plus de rimes.
Et vous avez en aucun le droit de me piquer mon texte,
sans me demander l'autorisation.




Première Partie


Samedi, 19h30. J'avais passé une journée FA-BU-LEUSE avec Orianne. J'avais l'impression de la connaitre depuis toujours alors que cela ne faisait que deux jours qu'on se parlait. On avait vidé les magasins en vidant notre porte-monnaie. Converse, slims, t-shirt, pull, robes, jupes, tout y était passé et cela faisait un moment que je n'avais pas dépensé une telle fortune pour ma garde-robe.
Là, j'étais en sous-vêtements, en train de réfléchir à ce que j'allais pouvoir me mettre. J'avais TROP de choix. Alors après avoir fais valsé la moitié de mon armoire à travers la pièce, j'optais pour mon nouveau slim noir brillant avec le t-shirt blanc des Stones et mes Converse rouges aux lacets noirs. Je partis ensuite dans la salle de bains pour une retouche maquillage plus que nécessaire. Après une bonne couche de fond de teint, ombre à paupières et crayon noir, je partis dans la chambre de Nathan pour lui montrer le résultat. Il était affalé sur son lit, les yeux rivé sur son LG Chocolate.

Nathan levant les yeux de son portable et sans grand enthousiasme: T'es sublime.
Moi m'asseyant sur son lit: T'as l'air vachement emballé... Ca c'est mal passé ta soirée ?
Nathan rangeant son portable: Ouais. Elle doit pas avoir la même définition du mot "rendez vous" que moi... Elle est venue avec une copine.
Moi: Mais elle est conne !

Il soupira, l'air blasé.

Nathan: C'est à quelle heure que tu dois aller à ta soirée ?
Moi: 8h.
Nathan: Bah il serait peut-être judicieux que tu te bouges. Il est et quart...
Moi me relevant: Meeerde ! J'y vais alors.

Il se leva à son tour, s'approcha de moi et m'embrassa sur le front.

Nathan: Tu bois pas et tu fumes pas, hein ? Et si y a un problème tu m'appelles. Rentre pas trop tard non plus.
Moi en souriant: Oh arrête ! On dirait papa !
Nathan grimaçant: Nan ! Mais je suis responsable de toi jusqu'à ce que papa rentre.
Moi en rigolant: Commence par être responsable de toi même !
Nathan en souriant: Bon aller dégage.

Je pris mon Longchamp où toutes les choses essentielles étaient déjà enfournées, enfilai mon manteau, enroulai mon foulard aux têtes de mort autour de mon cou et sortis.
Dehors, le vent faisait voler mes cheveux et me glaçait les os. Il faisait nuit et seuls les réverbères éclairaient la grande rue. Je n'étais pas rassurée et à chaque bruit de voiture ou de scooter mon coeur se mettait à battre deux fois plus vite.
Je finis par arrivée, après cinq minutes horribles de stress et de froid. Orianne m'accueilla avec un grand sourire. Me pris mon sac et mon manteau et me fis entrer dans un salon aux couleurs chaleureuses. Tout le monde était déjà là. Schweppes Agrum', Coca, Fanta et biscuits apéritifs trônaient sur la table basse d'où la position stratégique de Benjamin et Adrien qui bouffaient plus qu'ils ne discutaient. Julie était allongée sur Alex, lui même sur Mathieu qui était étalé sur le canapé au bord de l'agonie. Je peux vous l'assurer, ce n'était pas un plan à trois. Ludo quant à lui, était sur l'ordi avec Julia sur ses genoux. Tous rigolaient, parlaient fort, souriaient... Bref, ils étaient heureux et ça se voyait comme si c'était écrit en majuscule sur leur front.
Benjamin fut le premier à voir que j'étais arrivée. Il me fit un grand sourire, se leva en remontant son slim qui resta de toute façon sur ses fesses et vint me dire bonjour.

Benjamin après m'avoir fait la bise: Tu vas bien ?
Moi: Oui et toi ?
Benjamin: Ouais. Tu viens t'asseoir avec nous ?
Moi: Je vais dire bonjour à tout le monde et j'arrive.

Il me sourit encore une fois et retourna à sa place. J'entrepris alors de saluer Julia, Alex et Mathieu, mais ils étaient beaucoup trop hilares pour que cela ressemble à un "bonjour" basique. Ensuite je m'approchai d'Audrey et Ludo et bien que ce dernier me lançait un regard de tueur, je réussis à lui décrocher deux bisous, comme les autres. Puis Orianne revint. On s'installa toutes les deux avec Adrien et Benjamin.

Adrien: Bon alors c'est quoi le programme ?
Orianne: On commande des pizzas, on se pête le bide et après on avise.
Benjamin et moi d'une même voix: Ca me va !
Adrien à Orianne: Regarde-les ces morfales !

Orianne rigola tandis que Benjamin plantait son regard dans le mien avec un sourire blancheur émail diamant. Comme je l'avais prévu, je venais de perdre tous mes moyens et je me retrouvais sans voix, les yeux perdus quelque part sur son visage. Qu'est ce qu'il était beau...

Adrien: J'ai emmené ma gratte moi.
Moi retournant à mes facultés vocales: Tu joues de la guitare ?
Adrien tout fier: Ouais.
Benjamin: Moi aussi. Et je l'ai avec moi aussi.
Orianne: Bah c'est cool, vous allez pouvoir nous faire un mini concert. Lou, je t'explique avant que tu sois trop paumée. Ici, les gars sont TOUS musiciens. Ludo il fait du piano, Mathieu de la batterie et Alex guitare et basse. Donc depuis un an, ils ont un groupe de rock, un peu hard sur les bords: Black Hopes.
Adrien à Orianne: Ca s'appelle du Emotionnal Hardcore chérie... Ou du Emocore. Ou bien encore du Emo si tu veux raccourcir à mort.
Orianne: Ouais bon...
Moi la coupant: Ouaaah ! C'est super ! Et c'est qui qui chante ?
Orianne: L'abruti qui écrase Mathieu depuis 10 minutes.
Benjamin: Ouais et Adri et moi on fait les choeurs.
Orianne: En gros, ils beuglent dans leur micro.
Benjamin: Bon t'as fini de rabaisser notre musique ?
Orianne: Je la rabaisse pas. Je dis juste ce qui est. (Avec une pointe d'ironie dans la voix)Et puis Lou vous donnera votre avis une fois que vous lui aurez montré toutes les facettes de votre talent.

Elle s'arrêta un moment, fixa Audrey et Ludo et recommença à parler. Se taire, j'en avais eu la preuve toute la journée, ce n'était pas dans ses cordes. Et elle préférait ouvrir la bouche pour ne rien dire que ne pas l'ouvrir du tout.

Orianne: Ils vont sortir ensemble. J'en suis sûre !
Benjamin: De qui ça ?
Orianne: Le pape et le père noël ! A ton avis ?
Adrien: Audrey et Ludo abruti !
Benjamin: Oh ça va ! Pour ma part, je pense pas. Ludo est bien trop lunatique et il change d'avis beaucoup trop vite pour construire une relation stable.
Adrien: Oh Ben, t'as avalé un philosophe ou quoi ? Ou alors t'as lu ton dictionnaire avant de venir pour t'enrichir le vocabulaire !
Moi: Mais t'es méchant Adrien ! (Tapotant sa jambe) T'inquiète, moi je suis avec toi.
Benjamin souriant: C'est gentil.

En attendant, Audrey était toujours sur les genoux de Ludo qui avait enroulé ses bras autour de sa taille. Elle essayait visiblement de jouer à Counter Strike, et à voir le nombre de fois où le sang de son personnage giclait à l'écran, elle n'était pas très douée. Ludo, trouvait ça très drole qu'elle meurt toutes les dix minutes. Moi, je me rendais compte qu'un pic de jalousie me poussait à lancer un regard noir à Audrey. Mais je me ressaisis à temps, lorsqu'elle nous rejoignit.
On fini tous assis en cercle, la bouteille vide de Coca au centre qui tournait pour distribuer les paris. J'avais peur de me retrouver à rouler des pelles à tout le monde ou à finir en sous-vêtements...

Adrien faisant tourner la bouteille: Orianne tu vas embrasser... (Le bouchon se tourna vers Alex) Hum... Ton frère.
Orianne et Alex: Naaaan ! T'es malade !
Adrien: J'y peux rien moi ! Aller !

Et ils s'embrassèrent, l'air dégoûté avec l'incapacité d'oublier les liens de fraternité qui les unissaient. J'imaginais l'horreur qu'ils subissaient mais préférais que ce soit eux que moi.
On continua à faire tourner la bouteille, enchaînant les baisers dégueulasses et les paris débiles pendant dix minutes. Ensuite on commanda les pizzas.

Orianne le téléphone à la main: Lou, tu veux quoi ?
Moi: Orientale sans poivrons et supplément d'oeuf.
Orianne: T'as pas l'impression d'être chiante ?
Moi: Ok, oublie le supplément. Et en dessert y a quoi ?
Orianne: En dessert, en dessert... Mmh... Rien !
Benjamin m'attrapant par les épaules: Si vous nous faisiez un gâteau... Un gâteau au chocolat !
Julia venant vers nous: On parle de chocolat ?
Orianne: Ouais... Euh y a probablement les ingrédients mais moi je suis trop nulle pour cuisiner.
Moi: Bah si quelqu'un m'aide, je veux bien faire un gâteau.
Julia: Je t'aide si tu veux.
Benjamin: Moi aussi.

Orianne nous indiqua la cuisine tout en passant commande. Après avoir trouvé une recette, épinglée sur un tableau en liège, on se mit à la préparation tout en discutant. Une demie heure plus tard, on enfourna le plat dans le four et les pizzas n'étaient toujours pas là. Benjamin plongea sa main dans le saladier dont on s'était servi pour faire le gâteau et ressorti ses doigts avec une couche de chocolat liquide. Il me lança un regard vicieux et s'approcha dangereusement de moi, la main en avant.

Moi: Tu rigoles ? Tu vas pas me...
Benjamin en rigolant: Si si.
Moi en courrant hors de la cuisine: Naaan !

Julia partit dans le salon en rigolant et Benjamin se mit à me courir après. Je fis le tour de la table de la salle à manger tandis que tous les autres rigolaient en nous regardant. Puis je passai par la baie vitrée, m'engouffrant dans un froid digne du pôle nord et commençai à courir en chaussettes dans le jardin trempé. J'avais un point de côté et j'étais essouflée comme jamais. Et pire que cette douleur dans le bas du ventre, j'étais frigorifiée. Il fini par me plaquer contre la clôture, entre le mûrier platane et le portail. Il tenait mes poignets contre le grillage juste au dessus de ma tête. Les cyprès me chatouillaient le bas du dos. Puis il m'étala généreusement le chocolat sur le visage en dérapant dans mes cheveux. Il trouvait ça très drôle. Moi, je n'avais plus la force de me débattre. Les lueurs des réverbères éclairaient son visage satisfait. Ses yeux brillaient. J'avais froid. Mes pieds s'étaient transformés en glaçon. Nos respirations saccadées brisaient le silence en formant de la buée entre nos visages respectifs. L'air glacé me pétrifiait les membres. Je n'avais plus la force de bouger. Et encore moins l'envie. Il s'arrêta de rire et ne bougea plus. Mon coeur battait à tout rompre. Il balada ses doigts encore chocolatés sur mon visage avec une douceur infini. Le silence demeurait impénétrable. Son regard, bien qu'obscurcit par la nuit transpercé le mien. J'étais touché en plein coeur.

Benjamin: Qu'est ce que t'es belle bordel...

Je baissai les yeux. Mes paupières ne tenaient pas le coup face à ce compliment sorti de sa bouche. Mon coeur faisait vibrer ma poitrine tellement ses battements étaient forts. Benjamin lâcha mes poignets et caressa mes cheveux. Puis il nicha sa main dans mon cou et approcha son visage du mien. Je fis de même et nos lèvres se frôlèrent, se collèrent et fusionnèrent. J'enroulai alors mes bras autour de son cou. Son torse se plaqua contre ma poitrine. Sa main sur laquelle il restait un peu de chocolat passa sous mon t-shirt. Je frissonnai. Puis un bruit de pot d'échappement nous fis sursauter, interrompant le plus beau moment de la soirée si ce n'est pas de ma vie. Jamais je n'aurai pensé détester un livreur de pizzas à ce point... Benjamin, gêné au possible, regarda furtivement l'entrée qui venait de s'éclairait en sentant la présence du livreur. Puis il tourna son regard vers moi.

Benjamin: On devrait peut-être y aller ?
Moi: Euh... Oui.

On retraversa le carré de verdure dans l'autre sens. La lumière du salon m'éblouit et me rappela que de l'autre côté de la baie vitrée, il y avait sept personnes qui nous attendaient. Et vu les endroits ou le chocolat avait laissé sa trace, soit sur le côté gauche de mon t-shirt en bas, sur ma hanche et sur sa bouche, il n'était pas bien difficile de reconstruire le puzzle. Oui on s'était embrassé et vu les regards étonnés et les sourires complices que les autres s'échangeait, ça se voyait comme le nez au milieu de la figure. Quand j'entrai, je sentis les regards braqués sur moi, à croire que je venais de commettre le crime du siècle. Puis ils retournèrent à leurs occupations. Ma crise d'hypothermie prit petit à petit fin. J'avais néanmoins les doigts et les orteils engourdis et tremblais comme une feuille. Orianne m'entraîna alors hors du salon. Alex qui était en train de payer les pizzas me regarda bizarrement. Mais Orianne continua son chemin en me tenant par le bras. On prit les escaliers puis tournait à droite. On arriva alors dans une salle de bain à la décoration douteuse. Mais ça n'avait aucune sorte d'importance. Je m'arrêtai devant le miroir et je compris alors pourquoi ils m'avaient tous regardés avec une pointe d'étonnement dans les yeux. Je ne ressemblai à rien. Et c'était peu dire. Mes oreilles et mon nez étaient extrêmement rouges à un point tel que j'aurai pu concurrencer avec Bozo le clown. J'avais du chocolat sur une bonne partie du visage et à la racines de mes cheveux ce qui me donnait un air assez pathétique. Mais surtout, je trimballais dans mes yeux le trouble qui m'avait envahie pendant notre moment de tendresse. Le tout me donnait un aspect ridicule, bien loin du stéréotype de Barbie qui m'allait habituellement si bien. Je donnais l'impression d'être complètement perdue et chamboulée...

Orianne me tendant un flacon de savon pour la peau: Lave-toi le visage. Après tu m'expliques ce qu'il s'est passé parce que vu l'air perturbée que t'as, Benjamin ne t'a pas juste tartiné de chocolat.

Je réussis à tout enlever, y compris le maquillage qui avait lamentablement coulé sous mes yeux. A présent je ne ressemblais plus tout à fait à Bozo, il faut bien l'avouer. J'étais à tendance cocker... Orianne sortit sa trousse de maquillage en rigolant et me remaquilla en exigeant des explications. Je ne pu m'empêcher de soutenir que non, il ne s'était strictement rien passé. J'espérais alors de tout coeur que Benjamin ne lui raconterait pas le contraire au risque de perdre mes nouveaux amis.

Orianne: Bon voilà, t'es sublime. (Regardant mes pieds) Mon dieu dans quel état sont tes chaussettes ! Bouge pas je vais t'en chercher une autre paire. Je suppose qu'après un séjour dans mon jardin avec le froid qu'il fait, t'es congelée. Tu veux un gilet ?
Moi: Oui je veux bien merci.

Elle partit pour revenir deux minutes plus tard avec un gilet noir et une paire de chaussettes qu'elle me tendit en souriant. J'enfilai le tout et on redescendit dans le salon où tous étaient en train de manger ou de découper leur pizzas. On s'installa alors. Cela faisait un bien fou d'être avec eux et petit à petit, je retrouvai mes couleurs originelles et ma joie de vivre. Après avoir mangé le gâteau, Adrien, Benjamin et Alex nous improvisèrent un mini concert acoustique. Leurs chansons étaient toutes plus jolies les unes que les autres, en plus d'être tristes et émouvantes. On arriva trop vite à la dernière...

Alex: There's a part of my smile in your eyes.
Il y a un peu de mon sourire dans tes yeux.
But now they are closed forever.
Mais maintenant ils sont fermés pour toujours.
You were my princess, my sunrise
Tu étais ma princesse, mon rayon de soleil.
But we won't be together.
Mais nous ne serons plus ensemble.
Our dreams turn around in my head
Nos rêves tournent en rond dans ma tête
And my tears are flowing forever.
Et mes larmes coulent pour toujours.
But now my hopes are dead
Mais maintenant mes espoirs sont morts
Cause they're dead with you.
Parce qu'ils sont morts avec toi.
My only friend is now the loneliness
Mon seul ami est maintenant la solitude
And I promise, I love you,
Et je le promet, je t'aime,
But I lost you, my princess
Mais je t'ai perdu, ma princesse.
And I miss you.
Et tu me manques.

Les dernières notes marquèrent la fin de la soirée. Tout était passé à une vitesse surréaliste. Les parents commencèrent à arriver, ramenant leurs enfants à la maison familiale. Il était plus de minuit quand je me retrouvai seule avec Benjamin, Orianne et Alex.

Benjamin: Bon je vais y aller. Lou, je te raccompagne ? Je suis en scooter et j'ai deux casques.
Moi enfilant mon manteau: Ouais je veux bien, j'ai la flemme de rentrer à pieds.

On souhaita bonne nuit aux deux autres et on sortit. Le temps s'était aggravé et à présent une bruine tombait sur la ville. Il me tendit un casque, enfourcha son scoot et me fis signe de m'installai derrière lui. Cinq minutes plus tard, il me déposa devant ma maison encore éclairée. J'enlevai mon casque et lui tendit. Il releva sa visière, rangea mon casque, retira le sien et m'embrassa sur le coin des lèvres. J'étais heureuse, il faut bien l'avouer. Mon coeur décollait à chacun de ses sourires, c'est vrai. Mais je le connaissais pas du tout, ou presque et sortir avec un inconnu me faisait peur.

Moi: Benjamin ?
Benjamin: Oui ?
Moi: T'en as parlé à personne de ce qu'il s'est passé dans le jardin ?
Benjamin: Non pourquoi ?
Moi: Alors il s'est rien passé.

Il parut déçu et déconcerté. Son beau sourire disparu.

Moi: C'était merveilleux. Mais pas tout de suite. Attends un peu. Comprend-moi, je te connais à peine.
Benjamin avec un sourire forcé: Oui. Oui je comprends. Je vais y aller. Bonne nuit.
Moi: Merci, toi aussi.

Il me regarda un instant et je ne pu m'empêcher de l'embrasser sur la joue. Et même si ce geste était en totale contradiction avec ce que je venais de dire, il parut soulagé et retrouva son sourire. Puis il remit son casque et partit. Je restai là, au bord de la route jusqu'à ce que le bruit de son moteur ne devienne qu'un lointain ronronnement.
Je rentrai alors chez moi. Mon père était installé sur la table du salon avec pour seul lumière, une lampe de bureau. Il était en train de boire un café au lait en épluchant des tas de papiers concernant probablement son travail. En m'entendant, il releva la tête et paru plutôt surpris.

Mon père: Louise ? Tu reviens d'où au juste ?
Moi en enlevant mon manteau: D'une soirée chez des amis. Je te raconterai demain, je suis crevée là.
Mon père: Je ne crois pas avoir était prévenu du fait que tu sortes. Je te rappelle que tu es mineure, que je ne connais pas tes amis et que tu rentres à une heure un peu tardive.
Moi excédée: Tu rigoles ? Il est quoi ? Minuit et demi... Ca va, j'ai rien fait de mal. Je n'ai pas bu, ni fumé. Et puis si t'es au courant de rien, c'est peut-être parce que t'es jamais là.
Mon père: Peut-être mais si je suis jamais là, c'est pas pour mon plaisir ! Je travaille pour ramener de l'argent et pour que toi et ton frère ne manquer de rien.
Moi: Ouais t'as raison. Bonne nuit.

Je remontai les escaliers en l'entendant me parler. Je n'avais pas la moindre envie de discuter avec cet abruti borné au possible. J'étais heureuse, pour une fois et personne n'avait le droit de gâcher ça.



Verdict ?




Deuxième Partie


Ce matin, j'ai sincèrement cru que j'allais étriper mon père.
A 8h du matin, alors que j'étais plongée dans un profond sommeil qui aurait duré je pense jusqu'à midi, l'abruti qui me servait de géniteur avait décidé de faire le ménage. A une heure pareille, il aurait pu nettoyer les vitres et faire la poussière, mais non, il fallait qu'il passe l'aspirateur. J'enfouis d'abord ma tête sous mes oreillers, espérant de tout coeur pouvoir me rendormir. Mais le bruit était insupportable. Je m'extirpai alors de ma couette en grognant, enfilai un vieux sweat de Slipknot ayant appartenu à mon frère et sortis de la chambre. Dans le couloir, la lumière du jour n'était pas encore éblouissante. Forcément, à 8h du matin ! Mon frère passa alors la tête par l'entrebâillement de la porte de sa chambre, l'air tout aussi réveillé et excédé que moi. On descendit alors en prenant soin de se tenir à la rampe, histoire de ne pas se casser quelque chose puis on arriva dans le salon. Mon père était d'excellente humeur, ça se voyait comme si c'était écrit au marqueur sur son front dégarni. Et je lui aurai bien fait disparaître son sourire débile. Mais je me rappelai notre petite dispute de la veille et dans un élan d'intelligence, je m'obligeai à ne pas l'ouvrir. Ou pas trop...

Moi en criant: PAPA ! PUTAIN ! POURQUOI TU PASSES L'ASPIRATEUR ALORS QU'ON DORT ?!

Nathan posa sa main sur mon épaule, histoire de me rappeler qu'en cas de réelle dispute il ne m'apporterait qu'un soutien purement moral. En gros, démerde-toi, je suis loin mais avec toi. Mon père arrêta l'engin en mettant un coup de pied et me regarda comme si je venais de dire une connerie particulièrement stupide.

Mon père: De toute façon, il était temps que vous vous leviez. Je vais vous présenter quelqu'un.

Si la dernière phrase n'était pas sorti de sa bouche, je lui aurai sûrement dit de tout. Mais là, j'étais choquée avec la peur et la certitude d'avoir compris. Je regardai Nathan comme s'il était la réponse au problème qui me regarda l'air tout aussi chamboulé que moi.

Mon père s'asseyant sur une chaise derrière lui en soupirant: Asseyez-vous. Je vais vous expliquer.

On s'exécuta avec une lenteur infini. On était trop retournés pour bouger nos membres avec une vitesse normale.

Mon père: Voilà, j'ai rencontré quelqu'un. Une femme...

Il me fallu un certain temps pour réaliser. Prendre conscience que mon père avait roulé une bonne dizaine de pelles ces dix derniers jours. Que malgré ses rides et son crâne dégarni, il n'y avait pas que le fantôme de maman pour lui trouver du charme. Et s'il avait couché avec ? Oh mon dieu quelle horreur ! Malgré mes questions intérieures aussi bêtes que malsaines, mon père poursuivi.

Mon père: Je sais, ça doit être difficile de l'admettre, mais j'aime cette personne et je tiens à vous la présenter. Elle s'appelle Cindy...

Cindy ?! C'est quoi ce prénom de poufiasse qu'elle se trimballe la pauvre ? Mais si y faut, s'en était une de poufiasse. Une pute ? Oh là là ! Je voyais quand même mal mon père avec une blondasse liftée et siliconée. Et encore moins mon père ramassé une traînée pour satisfaire ses plaisirs. Mais quelle horreur de m'infliger cette vision des choses ! Pire que la chaise électrique... Quoique, je n'ai heureusement jamais essayé. Pire que l'épilateur électrique à ressorts !
Mon père continua, infatigable.

Mon père: Elle est éducatrice dans un centre pour handicapés.

Educatrice ? Malgré moi, j'imaginais une Super Nanny en tailleur, avec des cheveux plaqués en chignon et des lunettes rectangulaires juchées sur un nez aquilin. Je me la représentais alors comme la réincarnation de la sévérité. C'est bien connu, dans les films, énormément de belles mères sont injustes et méchantes. Comme dans Cendrillon. Et si mon père mourrait ? Je n'allais quand même pas travailler comme Cendrillon ? Décidément, je réfléchissais beaucoup trop...

Mon père décidant enfin d'avoir une réaction quelque peu humaine: Dites moi quelque chose, je ne sais pas moi !
Nathan: Qu'est ce que tu veux qu'on te dise ? On vient d'apprendre, après avoir été réveillés de très mauvaise humeur, que notre père, sortait avec une femme et qu'en plus, il voulait nous la présenter dans peu de temps. Excuse-nous mais ça fait un peu beaucoup !
Moi: T'as couché avec ?!

Je n'ai pas pu contenir cette question qui me démangeait les lèvres. Et aux regards interloqués qu'on me lança, je compris que j'aurai mieux fais de me taire. Je l'admet, ce n'était pas LA question à poser, mais je ne pouvais pas m'en empêcher.

Mon père gêné: Non. Non bien sûr que non.
Nathan: Elle a des enfants ?
Mon père: Oui, deux filles. Une de 17 ans qui s'appelle Morgane et une de 3 ans qui s'appelle Lola.
Moi: Mais qu'est ce qu'elle a foutu pendant 14 ans ? 14 ans d'écart, c'est énorme ! Elle avait fait voeu de chasteté pour rattraper sa vie de libertine passée ou quoi ?
Mon père choqué: Louise ! Bien sûr que non !

Complètement déboussolé par mes propos presque insultants, il continua tout de même la description de sa Super Nanny de pouf.

Mon père: Elle a 34 ans.
Moi: C'est tout ?! Elle a eu sa fille à 17 ans ?! Mais c'est une folle !
Mon père sans tenir compte de ma réaction: Et son mari est mort il y a deux ans. Il s'est suicidé.

Ses derniers mots s'évanouir dans un silence pesant. Evidemment, je ne pu rien dire. Ca aurait été bien trop déplacé. Je compris alors que cette femme n'avait sûrement pas eu vie excessivement belle. Qu'elle avait sûrement du abandonner sa jeunesse pour sa fille et abandonner son sourire pour son défunt mari... Et qu'il fallait que je la ferme au lieu de la juger comme ça. Je me tu. Ce n'était pas trop tôt, je sais.
Vers 11h30, après m'être lavée, habillée, coiffée et maquillée, je partis dans la chambre de Nathan, persuadée de le voir prêt à accueillir Cindy, Morgane et Lola... Mais pas du tout. Il était retourné sous les couvertures et avais fermés les volets. Je refermai la porte derrière moi, par automatisme et m'approchai de son lit à l'aveuglette. Une fois devant, je m'allongeais près de lui, dans ce lit qui sentait la bête. Ou plutôt qui sentait mon frère... Sentant ma présence, il se retourna vers moi.

Nathan: Qu'est c'tu fais ?
Moi: Je m'allonge. Et toi qu'est ce que tu fais ? Tu t'es pas habillé ? Elles arrivent dans une demi heure.
Nathan: Pas envie.
Moi: Parce que tu penses sérieusement que ça me fait plaisir moi ? Regarde, je saute au plafond... Mais fais un effort... Et puis elle a une fille de 17 ans. Elle est peut-être super belle et gentille. Et elle connaît peut-être la définition du mot "rendez-vous" contrairement à ta Laura.
Nathan: Mais Lou, je peux pas envisager de sortir avec la fille de la "copine" à papa. Ca sera en quelque sorte ma petite soeur.
Moi lui tapant l'épaule: Hey ! Je suis et resterai ton unique petite soeur. Compris ? Et puis ça ne sera jamais ta VRAIE soeur, alors même si tu envisages de faire ta descendance avec, il n'y aura pas de consanguinité et tes enfants ne seront pas plus trisomiques que les autres... Oh et puis si elle est jolie, tu vas pas me dire que tu vas faire le difficile !
Nathan: Mmh.. Comment tu fais pour me faire voir les choses du bon côté ?
Moi: T'as excessivement besoin d'être materné toi, c'est incroyable. On dirait pas comme ça, mais t'es un grand gamin !
Nathan: Mmh..
Moi: Alors tu te lèves ?
Nathan ouvrant ses bras: Nan, attends viens-là.

Je me réfugiai alors contre lui. J'étais bien et il m'avait enlevé tous mes moyens de voir l'arrivée de ces trois bonnes femmes sous un angle meilleur. Parce que je voulais plus partir. Sentir son souffle contre ma joue c'était du bonheur à l'état pur. Inqualifiable même.
12h03. La sonnerie retentit. Je descendis alors les marches. Je voulais les voir, histoire de mettre un visage sur un nom. Mais après j'aurai bien aimé qu'elles repartent...
Mon père ouvrit la porte et je restai en retrait derrière lui. C'était un endroit stratégique pour voir sans être trop vue. Une jeune femme mince aux cheveux châtains mi-longs entra d'abord. Je fus frappé de voir qu'elle ressemblait beaucoup à maman avec ses yeux noisettes maquillaient à la perfection, ses pommettes hautes et son sourire timide. Elle portait un jean simple, un t-shirt blanc avec de la dentelle dépassait d'un pull noir col V et elle était juchée sur des escarpins. Je fus forcée de le reconnaître, elle avait beaucoup de classe. Accrochée à son mollet, une petite fille blonde regardait mon père avec ses grands yeux plein d'innocence. Elle tenait dans sa main un vieux nounours tout troué et sa bouche disparaissait sous une sucette rose bonbon. Puis sa soeur, la souleva et la prise dans ses bras. Morgane ressemblait beaucoup à sa mère sauf qu'elle, avait de longs cheveux bouclés assez foncés.
Mon père embrassa Cindy.... Sous mes yeux ! Je ne pensais pas qu'un jour, je vivrai une chose pareil. Un tel dégoût imbibé de tristesse face à mon père embrassant une femme autre que ma mère. J'avais envie de vomir. De vomir et de pleurer jusqu'à vider mon corps de mes larmes. Mais je n'en fis rien. Je fis mon possible pour sauver les apparences coûte que coûte. Je savais que pour mon père c'était important. Et que même si lui n'aurait jamais tolérer que je frôle les lèvres d'un garçon devant son nez, il fallait que je prenne sur moi pour ne pas déverser des flots de larmes et mon petit déjeuner sur le parquet.
Il fit ensuite la bise à Morgane, puis caressa la joue de la petite Lola avec un air à la fois niais et attendrit. Après quoi, il se tourna vers moi avec un sourire gêné. Je devins alors le point de mire de ces quatre personnes. Mes joues s'enflammèrent et mon père se mit derrière moi, me saisissant par les épaules pour être sur que je ne m'en irai pas. Parce que c'était précisément ce que je mourrais d'envie de faire.

Mon père: Voici Louise, ma fille. Et Nathan... Je ne sais pas où il est. Il ne devrait pas tarder à descendre. Lou, tu veux pas aller voir ?

Depuis quand m'appelait-il par mon surnom ? Est ce qu'il avait enfin comprit que m'avoir donné ce prénom était la plus grosse erreur qu'il ait fait dans sa vie ? Après se mettre en tête de nous présenter Cindy, bien sûr. De toute façon, ça n'avait pas d'importance...
Mon père me libéra. Je montai alors au troisième, sans un mot. Nathan était toujours étalé sur son lit. A présent, les volets étaient ouverts et il était habillé, mais à première vue, il n'était pas décidé à descendre...

Nathan: Alors ? Elle est jolie ?
Moi m'asseyant sur le bord du lit: Oui. Toutes les trois. Cindy c'est une jolie femme mince et classe. Morgane c'est une belle fille avec de longs cheveux et une taille de guêpe à m'en dégoûter du chocolat. Et Lola, c'est le genre de petite blonde toute mignonne qu'on trouve sur le catalogue de la Redoute.
Nathan: Je suppose qu'on doit aller dans le salon, faire bonne figure. Rester polis et aimables même si on est dégoûtés comme on ne l'a jamais été.
Moi soupirant: Exactement.

On du affronter ces trois jolies inconnues qui, malgré notre consentement, étaient quand même liées à nous.
Le repas se passa dans un silence quasi total. On était tous bien trop gênés pour dire quoique ce soit. Et les seules paroles qui vinrent troubler ce calme embarrassant furent du style "Je peux avoir le sel, s'il vous plait ?". Chacune de nos rares phrases étaient constituées d'une formule de politesse. On était bien élevés, papa devait être fier de nous...
One night and one more time, thanks for the memories event tough they weren't so great...
Mon portable... Je rougis et le sortis en m'excusant platement. Morgane sourit l'air moqueur derrière son verre d'eau. Cindy parut amusée et mon père me lança un regard de repproche. Ce n'était qu'une sonnerie de portable, merde !

Moi me relevant: Excusez-moi, je reviens.

J'acceptais l'appel et fut ravie de découvrir qui était au bout du fil.

...: Lou, c'est Benjamin, je te dérange.
Moi en murmurant et en montant les escaliers pour rejoindre ma chambre: Oui. Mais tu devrais me déranger plus souvent. Tu me tires d'un cauchemar atroce.
Benjamin: Je te réveille ?
Moi: Nan, je te parle du cauchemar de ma vie... Tu voulais quelque chose ?
Benjamin: Oui. Déjà c'est pour te prévenir que je fais une soirée mercredi. Mes parents sont pas là et...
Moi: Mercredi ? Mais on a cours !
Benjamin: On est en vacances andouille !
Moi m'asseyant sur mon lit: C'est vrai ?!
Benjamin: Mais oui ! Et aussi...
Moi: Mmh ?
Benjamin: Euh, nan, rien.
Moi fronçant les sourcils: Ok...
Benjamin: Et c'est quoi le cauchemar de ta vie ?
Moi: Trop long à expliquer. Je te raconterai plus tard avant que mon père pète un câble. Il faut que je te laisse.
Benjamin: D'accord, bisous ma belle.
Moi: Bisous.

Il fut mon seul rayon de soleil de la journée, la seule once de bonheur.
Cindy, Morgane et Lola repartirent assez vite, ce qui n'était pas plus mal. Mais mon père, emmerdeur hors paire, me dit de tout. Que j'exagérais en tout point et que je ne sortirai pas des vacances. Il abusait et je lui aurais bien tapé dessus pour lui prouver ce que c'était que d'exagérer. Il dépassait les bornes des limites à se la jouer psychorigide. Moi qui avais fait tant d'efforts... Tout ça juste pour une soirée et un portable qui sonne lors d'un repas. Après cette dispute qui avait du informer tous les voisins que j'étais une rebelle qui répondait à son papa chéri, je remontai dans ma chambre comme une furie et balançai mon portable contre le mur. Ce que j'eu tôt fait de regretter d'ailleurs. Il était désormais hors d'état de fonctionnement. L'écran en cristaux liquide était complètement bleu et la coque cassée en deux. Enervée au possible, je frappai ma porte pour me libérer de ma colère. Sauf qu'en plus d'être au bord de la crise de nerfs, j'avais mal aux mains. Alors je me laissais glisser contre le mur pour finir écrouler par terre, en larmes. Je pleurais, frustrée. Être frustrée... Je détestais ça...



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# Posté le jeudi 11 octobre 2007 10:30

Modifié le vendredi 15 février 2008 10:20

Chapitre 3

Chapitre 3
Première Partie


Lundi, j'ai évité mon père comme on évite la peste. Et je suis sortie quand il est parti au travail. Quand je dis que je suis sortie, j'entends par là que j'ai vu Benjamin. On s'est promené le long du canal, on a discuté de tout. Il m'a même apprit à faire des ricochets et il m'a acheté une sucette à la cerise. Puis on s'est assis sur un banc et on a discuté, encore. Je pensais qu'il allait coller sa main à la mienne juste pour être en contact avec moi. Ou qu'il allait essayer de se rapprocher d'une autre manière tout aussi subtile. Mais non. Au lieu de ça, j'ai eu le droit à des compliments sur Orianne en masse. Il le faisait exprès ce con. Il plantait son beau regard dans le mien et m'énumérait les qualités d'Orianne comme si c'était la 8ième merveille du monde. Mais je ne me suis pas énervée. Ni vexée. Je camouflais ma jalousie sous de grands sourires et des approbations, persuadée que quelque part, ça le déstabiliserait. Pff. Que dalle ! Il a continué. Alors je lui ai dit « Et si elle est si géniale Orianne, tu m'expliques pourquoi t'es avec moi ? » et lui, il a sourit. Comme s'il remportait la bataille des allusions et des sous entendus. Parce qu'il avait comprit que j'étais jalouse, ça lui a sauté aux yeux dès que j'ai ouvert la bouche. Je le sais. Puis on a changé de sujet. Malgré le fait qu'il m'ait gavé pendant une demi heure, j'ai appris à mieux le connaître. J'ai compris qu'il était attentionné quand il a cédé à mon caprice « Je veux une sucette. Oh mais j'ai pas de sous. Dis, tu me l'achètes. Oh aller, s'il te plaaaaît... ». J'ai su qu'il était patient alors qu'inlassablement, il m'expliquait comment faire rebondir une pierre sur l'eau. Et j'ai compris qu'il était près à me rendre jalouse s'il fallait que je capte que je tiens au moins un peu à lui. Puis il m'a raconté sa vie. Alors le soir même, je savais qui il était. Moi, sur mon passé, j'ai fait main basse. J'lui ai raconté n'importe quoi en fait. Par exemple quand il m'a demandé ce que ma mère faisait comme métier, je lui ai dit qu'elle était infirmière (parce que ça expliquerait le fait qu'elle ne soit jamais à la maison au cas où il y viendrait). J'aurai peut-être pas du mentir. Mais j'peux pas. Je peux pas dire qu'elle est plus là. C'est au dessus de mes forces. J'aurai chialé et, complètement désemparé, il m'aurait dit qu'il était désolé. Mais tout le monde est toujours désolé et ça n'y change jamais rien. Être désolé ne ressuscite et ne ressuscitera jamais personne. Alors vaut mieux rien dire.
Il m'a raccompagné chez moi vers 19h30. Il faisait nuit dans l'allée et j'étais morte de froid. Mais quand je lui ai dit ça alors que de la buée s'échappait de mes lèvres, il m'a dit avec un petit sourire « Bah rentre chez toi, tu vas être malade. » Mais il sait pas que des bras réchauffe bien mieux qu'un chauffage ? Bordel, personne lui a jamais dit ? Pour la peine, je suis rentrée chez moi. Sans un merci, sans un au revoir. En espérant qu'il ait comprit. Pour une fois.
Mardi 28 octobre. Je savais peut-être des tas de choses sur Benjamin, mais à la base, j'étais toujours consignée dans ma chambre avec un portable défectueux. Alors quand je me levai à 11h et des poussières, je descendis négocier avec l'ennemi, soit mon père. Il était en train de rassembler sa paperasse en un petit tas tout en buvant son café.

Mon père en levant les yeux: Ah Louise. Bien dormi ?
Moi: Oui. Dis papa. J'ai compris que ce que j'avais fait été mal. Je recommencerai plus...
Mon père soupirant: Non.
Moi: Quoi « non » ?
Mon père: Non tu es punie. C'est très bien que tu aies pas l'intention de recommencer, mais tu restes punie !
Moi: PUTAAAIN ! PAPA TU CAPTES QUE JE FAIS DES EFFORTS PAS POSSIBLE JUSTE POUR TOI ? NAN ! TU VOIS QUE TA CINDY DE MERDE ET TON BOULOT ! LE RESTE, C'EST PLUS RIEN. PUTAIN PAPA TU FAIS CHIER ! J'AI ESSAYE DE ME RATTRAPPER ET TOI, TU T'EN FOUS ! T'ES JAMAIS LA ! JAMAIS ! ET QUAND T'ES LA, TU NOUS EMMERDES ! T'AS JAMAIS RIEN COMPRIS A RIEN ! PFF...
Mon père: Tu crois pas que t'exagères ?
Moi: J'EXAGERE ? AH BAH CA C'EST LA MEILLEURE ! ET TOI T'EXAGERES PAS ? PUTAIN MAIS T'AS EMBRASSE TA POUF SOUS MON NEZ ALORS QUE SI J'EMBRASSE MON COPAIN DEVANT TOI, TU M'ETTRIPPES ! EN PLUS, JE TE RAPPELLE QUE J'AI ETE POLIE ET GENTILLE ALORS QUE J'AVAIS PAS DU TOUT ENVIE DE LA VOIR. ET DEVINES POUR QUI JE L'AI FAIT ? POUR TOI !
Mon père beaucoup trop zen toujours en rassemblant ses papiers: C'est gentil mais y a pas de négociations possibles. T'es punie, point.

Je vous jure, si j'avais eu le moindre objet pointu ou tranchant sous la main, je me serais fait des portes jartelles avec ses tripes ! Quel connard !

Moi: TU M'EMMERDEEES !
Mon père haussant le ton: Tu veux peut-être un peu plus ? Une semaine, c'est pas assez ?

Je remontai dans ma chambre avec une rage incroyable et claquai la porte de toutes mes forces. Et en écho au grand « BAAAM » qu'elle fit, j'entendis mon frère gueulait « PUTAAAIN ». Les larmes dégoulinaient le long de mes joues tandis que je tapais contre le mur. Je me défonçais les mains encore une fois. Mais j'en avais rien à foutre. Je mis Twisted Transistor de Korn à fond et m'écroulais contre le mur le plus proche. La chanson tourna en boucle deux fois avant que mon frère vienne voir ce qu'il se passait. Il éteignit la musique puis s'agenouilla devant moi et me releva le menton.

Nathan: Qu'est ce qu'il se passe ?
Moi: J'en peux plus... Il me fait chier. J'en ai marre...

J'étais plus en colère. Je m'étais tellement énervée que j'étais à présent dépossédée de toute mon énergie. Nathan me tendit la main pour que je me relève et me serra contre lui. Ses bras autour de mes épaules m'empêchaient de bouger et à la fois me tenaient debout. J'étais emprisonnée et protégée. Et cet enclos d'affection me calma un peu. Au bout de quelques minutes, ça allait mieux. Il le sentit je crois et il desserra l'étreinte en me souriant. Son t-shirt était mouillé et mon maquillage mal enlevé de la veille résidait désormais sur son torse. Ca me fit sourire à mon tour.

Nathan: Aller viens on va se recoucher. J'suis crevé moi ! Tu m'épuises. Mais bon t'es ma petite s½ur alors je m'occuperai toujours de toi.

Il allait me faire pleurer un peu plus, le fou. Il m'entraîna dans sa chambre et on se rendormit dans son lit deux places qui avait gardé sa chaleur.
Quand j'ouvris les yeux, j'avais retrouvé le moral. Mon frère dormait toujours à côté et me tournait le dos. Je me levai doucement et descendis dans la cuisine déserte. La grande horloge au dessus de la porte indiquait 13h15. C'est pour ça que j'avais faim. Je remplis une casserole d'eau et la posa sur le feu, au menu : pâtes. Nathan me rejoignit peu de temps après et mit le couvert sur la petite table de la cuisine tout en me questionnant sur mon état psychique.

Nathan: Puis tu t'en fous de lui. Ignore-le et évite-le. Et quand il est au travail, sors.
Moi: Mmh... Et pour la soirée je fais comment ?
Nathan: T'inquiète pas, je te couvre si jamais il appelle ou quoi. Je trouverai une excuse. Ca boue.
Moi: Quoi ?
Nathan: Ca boue ! L'eau ! Va mettre les pâtes.
Moi: Aaah !

Je me levai, renversai les coquillettes dans la casserole et me rasseyai.

Nathan: Et avec Benjamin ? Hier tu l'as vu et tu m'as même pas raconté.
Moi: Je sais pas. Il est bizzare. Mais il est super gentil. Il m'a acheté une sucette. Mais il a pas arreté de me parler d'Orianne.
Nathan en rigolant: Ouais il veut te rendre jalouse. Je parie que daaans... Aller deux jours en comptant large tu sors avec.
Moi: N'importe quoi !
Nathan: On parie ?
Moi: ...Nan !

Il se mit à rire. Et plus je me vexais plus il rigolait le con...
Après manger et une bonne douche je m'installai devant l'ordinateur dans le couloir du 3ième et me connectai à MSN. A ce moment même j'étais toujours en boxer/soutien-gorge. En même temps où était l'intérêt de m'habiller ?
Benjamin était connecté et mon coeur rata un battement quand je vis son pseudo: « QU'EST-CE QU'ELLE EST BELLE <3 ». Je n'eu pas le temps d'y réfléchir trop longtemps qu'il vint me parler.

QU'EST-CE QU'ELLE EST BELLE <3 dit :
Salut

QU'EST-CE QU'ELLE EST BELLE <3 dit :
Ca va ?

I'm Holding Out For A Hero.. dit :
Oui oui & toi ?
QU'EST-CE QU'ELLE EST BELLE <3 dit :
Ouais ça va

QU'EST-CE QU'ELLE EST BELLE <3 dit :
Tu fais quelque chose aujourd'hui ?

I'm Holding Out For A Hero.. dit :
Bah non rien de prévu pour le moment
QU'EST-CE QU'ELLE EST BELLE <3 dit :
Ok parce que je dois m'acheter un slim et j'ai besoin d'une conseillère =)

I'm Holding Out For A Hero.. dit :
Orianne est pas là ?
QU'EST-CE QU'ELLE EST BELLE <3 dit :
Oh arrête, tu sais très bien que je le faisais exprès..

I'm Holding Out For A Hero.. dit :
Mmh..
QU'EST-CE QU'ELLE EST BELLE <3 dit :
Tu boudes ?

I'm Holding Out For A Hero.. dit :
Non
I'm Holding Out For A Hero.. dit :
Enfin si :D
I'm Holding Out For A Hero.. dit :
Nan c'est bon, je viens =)
QU'EST-CE QU'ELLE EST BELLE <3 dit :
Ah :D

QU'EST-CE QU'ELLE EST BELLE <3 dit :
J'viens te chercher en scoot, j'suis là dans 10 min, c'est bon ?

I'm Holding Out For A Hero.. dit :
Bah faut que je me maquille et j'suis pas habillée donc bon...
QU'EST-CE QU'ELLE EST BELLE <3 dit :
T'es pas habillée ? :O

QU'EST-CE QU'ELLE EST BELLE <3 dit :
J'suis là dans 5 min =P

I'm Holding Out For A Hero.. dit :
-____-'
I'm Holding Out For A Hero.. dit :
Dans 2o min ça devrait être bon
QU'EST-CE QU'ELLE EST BELLE <3 dit :
Ok à tout à l'heure Ma Belle (L)

I'm Holding Out For A Hero.. dit :
A tout à l'heeeure (L)


Je me déconnectai et partis d'abord me maquiller (parce que la salle de bain était plus proche de ma chambre). Vingt minutes plus tard, j'étais toujours pas prête et toujours en sous-vêtements. La sonnette retentit. J'entendis Nathan parler à Benjamin et quelques secondes plus tard, on tappa à la porte de la salle de bain. Et j'étais toujours pas prête...

Moi: Naaan ! Rentre pas.
Nathan: Lou, c'est moi. J'fais attendre Benjamin dans ma chambre avec moi, ok ?
Moi: Ouais ok.

Que Dieu bénisse mon frère ! Cinq minutes après je sortis de la salle de bains et entrai dans ma chambre le plus vite possible. Je sautai dans mon slim imprimé zèbre, enfilai un t-shirt noir avec des inscriptions argentées.

Moi: Merde !

Ce même t-shirt que je n'avais jamais mit avait une grande entaille au dessus de la poitrine et deux sur le ventre. Bordel, j'avais pas vu qu'il était troué... Tant pis. Je mis un gilet noir, mes Converse grises et des tonnes de bracelets en tout genre autour des poignets. Je pris ensuite mon Longchamp noir avec tout mon bordel dedans et partis dans la chambre de Nathan. Quand il me vit, Benjamin arbora un sourire... Mais ce sourire... Oh là là... Il se releva, s'approcha de moi, se pencha un peu et m'embrassa sur la joue.

Benjamin: C'est bon, on peut y aller ?
Moi: Ouais c'est bon. (A mon frère) A tout à l'heure.
Nathan me faisant un clin d'oeil: A tout'

On descendit et on partit sur son scooter direction le centre ville. Mes cheveux volaient avec la vitesse et je commençai à regretter de n'avoir mit qu'un petit gilet. Au soleil, quand il s'arrêtait à un feu rouge ou autre, il faisait bon, mais alors quand il roulait... Heureusement on arriva assez vite.
Le soleil se coucha très vite. Trop vite. Il était 18h30 quand il essayait son énième slim. Et moi, je devais rentrer...

Benjamin tournant sur lui même devant la cabine d'essayage: Il est bien ?
Moi: Ouais. C'est un slim noir quoi...
Benjamin: Il me va bien au moins ?
Moi: Oui comme la centaine d'autre que t'as essayé avant.

Il rigola et tira le rideau devant lui.

Benjamin: Ok, je le prend.
Moi en soupirant: Il était temps...
Benjamin: J't'ai entendu !

Je souris. Il était vraiment trop craquant. Il ressortit de la cabine et je du me retenir pour ne pas lui sauter au cou. Le peu de décence qu'il me restait m'empêcher de le faire. Il paya et on sortit du magasin.
Dehors il faisait encore plus froid que tout à l'heure et il faisait déjà nuit noire.

Moi: Haaan il fait froooid !
Benjamin enlevant sa veste: Tiens.
Moi: Mais t'es en t-shirt, tu vas crever de froid !
Benjamin: Mais non, il fait bon.
Moi l'embrassant sur la joue: T'es un grand malade...

Après quelques pas, on arriva devant son scooter et un quart d'heure plus tard on était devant chez moi.

Moi lui rendant son casque: Tu veux pas venir, y a pas mon père ?
Benjamin: Euh... Et ta mère ?
Moi: Ma mère... Euh bah elle est de garde cette nuit. Enfin... Euh... Elle est partie à midi et elle revient à minuit j'crois.
Benjamin: Mmh ok... Bon ben d'accord.

Il garra son scoot devant la porte d'entrée, rangea son casque sous le siège et on entra. Ici, au moins, il faisait chaud.

Moi: Tu veux boire quelque chose ? Enfin, ça c'est si j'ai quelque chose à te faire boire... (Ouvrant le placard) En truc chaud y a du chocolat chaud et du café et... (Ouvrant le frigo) En truc frais y a du Coca, du jus de fruit et de l'eau. Ou du vin...
Benjamin: Rien merci.
Moi: T'es sûr ? Bon bah on va dans ma chambre alors. Viens. (Une fois installés sur mon lit) Tu sais, ta fête... Je pensais que je pourrai pas venir, mais en fait si. Je dois amener quelque chose ?
Benjamin en souriant: Amène ton sourire, ça suffit.

Je souris, gênée. Il me faisait fondre...

Benjamin: Lou, faut que je te dise quelque chose mais te vexe pas, hein ?
Moi: Oulah, qu'est ce que j'ai fait ?
Benjamin: Rien... C'est juste que t'es... Bizzare.
Moi: Bah comme ça on est deux.
Benjamin: Moi, je suis bizzare ?
Moi: Bah oui... Je sais pas, hier t'as été adorable jusqu'à ce que tu me parles d'Orianne comme si t'étais amoureux d'elle. Et aujourd'hui t'as été super gentil mais...
Benjamin fronçant les sourcils: Mais quoi ?
Moi: Rien... Et moi, je suis bizzare pourquoi ?
Benjamin: Parce qu'on est restés ensemble deux jours et que je sais toujours rien de toi. Je sais juste que ton père est journaliste que ta mère est infirmière et que t'as un frère qui s'appelle Nathan. C'est TOUT ce que je sais. Et avant ça, t'étais une fille qui avait l'ai tout le temps triste. Avant que tu restes avec nous tu souriais jamais à croire que t'étais sans arrêt au bord des larmes. J'ai l'impression que ta vie entière c'est un immense secret.

Pourquoi il fallait qu'il déballe la vérité comme ça ? Je baissai les yeux et commençai à regretter de l'avoir fait rentrer. Quelques secondes passèrent dans un silence absolu. Et je n'avais aucune idée de comment retourner la situation à mon avantage. Parce que de toute façon il m'avait retourné le coeur et le peu de neuronnes valides qu'ils me restaient.

Benjamin en parlant doucement et en me prenant les mains: Lou, j'veux que ton bonheur je te l'jure. Je te connais quasiment pas mais je me suis déjà attaché à toi. Et si tu ne veux rien me dire... Bah tant pis je ferai sans. Mais je voulais quand même essayer d'en parler...

Je ne disais toujours rien. Parce que j'avais trop de choses à dire et que les mots bouchonaient dans ma gorge. D'un côté j'aurai tout voulu lui dire et d'un autre, je voulais garder mon passé pour moi.

Benjamin voyant qu'il n'arriverait à rien et me lachant les mains: Bon je vais y aller. Si t'as besoin, je serai sur msn ce soir.
Moi relevant la tête: Ok. J'te raccompagne.

On descendit en silence. Après lui avoir rendu sa veste, on resta un moment devant la porte d'entrée close à se regarder. Puis il s'approcha de moi pour me dire au revoir. Il posa ses mains sur mes hanches et me plaqua doucement contre le mur. Puis il remonta ses mains sous mon t-shirt en penchant sa tête. Des frissons parcoururent le long de mon corps tandis que j'enroulai mes bras autour de son cou par automatisme. Mes lèvres furent aimantées aux siennes et il m'embrassa tendrement. Mes paupières glissèrent sur mes pupilles ne laissant voir à mon coeur que du pur bonheur. Cette fois aucun livreur de pizzas ne vint briser ce beau moment. Et cette fois il ne faisait pas froid... Puis il se décolla doucement de moi.

Benjamin: J'suis désolé, j'aurai pas du... Oh mais souris, c'est pas si grave que ça !

Je souris.

Benjamin: On sort pas ensemble, hein. C'est un baiser purement amical, ok ?
Moi: Et bah qu'est ce que ça sera quand ça sera plus qu'amical...

Il rigola.

Benjamin me prenant le menton dans sa main: Aller, un dernier pour la route après plus, promis.

Il déposa un petit bisou sur mes lèvres et sortit. Et quand il ne devint qu'une petite forme noire au bout de l'allée, je refermai la porte. En souriant. Bien sûr...


Deuxième Partie


Mercredi 29 octobre. J'avais passé la journée à rien faire, callée dans mon lit, la tablette de Milka sur le ventre et un livre entre les mains. Ou installée au bureau devant ma page MSN, Skyblog et tout le tralala. Jusqu'à 19h, j'étais donc en pyjama, mode No Life, les cheveux en l'air sans un brin de maquillage. Puis je décidai de me préparer. Slim en jean, t-shirt Superman, gilet rouge et Converse rouges, un coup de fer à lisser, deux tonnes de bracelets, trois tonnes de maquillage et j'étais prête pour la soirée. C'était Orianne et Alexis qui devaient passer me chercher avec leur mère pour m'amener à la soirée. Quand on arriva, vers 20h30, je restai bloquée devant leur maison qui était particulièrement belle. Elle était grande, moderne, entourée d'un jardin cinq fois plus grand que le mien et agrémentée d'une piscine à débordement. En entrant, je fus encore plus surprise. Non pas par la décoration, bien qu'elle fut de très bon gout, mais par le buffet. Il y avait des tas de bouteilles d'alcool et trois grands saladiers remplis de chips.

Orianne: Lou, qu'est c'qu'il y a ? Ouais on va boire. Tu croyais quand même pas qu'on arosait toutes nos soirées au soda ? J'crois que Mathieu à du shite en plus...
Moi: Ah.
Benjamin après m'avoir déposé un bisou très près de la bouche: T'as jamais testé, c'est ça ?
Moi: Mmh... Ouais c'est ça. Mais c'pas grave. T'as de l'eau ?
Alex: Tu vas pas boire de l'eau !
Moi: Bah tu sais, à la base je suis même pas censée être là alors si en plus je me pète la gueule à coup de joints et de vodka pomme, je sais pas comment va finir la soirée.
Benjamin: Au pire tu dors chez moi...
Orianne: Oh tu nous emmerdes avec tes sous entendus toi !
Alex tappotant l'épaule de Benjamin: Ca c'est fait...

Il partit serrer la main à Mathieu qui par la suite confirma qu'il avait effectivement de quoi faire une dizaine de joints.
Vers 21h, tout le monde était là. Orianne, Alex, Julia, Benjamin et moi, on monta dans sa chambre pour regarder un film et surtout pour s'éloigner un moment de toutes tentations aux substances suceptibles de dégrader notre état. On se serra sur le lit deux places de Benjamin et forcément, je fini allongée à moitié sur lui. A côté de moi Julia et Alex se bécotaient à chaque pause pipi d'Orianne qui était elle à côté de son frère. A chaque fois que j'avais peur je m'accrochais quasiment inconsciemment au t-shirt de Benjamin en fermant les yeux de toutes mes forces. Il me caressait alors le bras en murmurant des sortes de "Ccchhh" quelque peu rassurants.
Vers 22h30 on redescendit dans le salon qui était devenu un acquarium géant. Ca puait le shite et l'alcool et rien qu'en entrant dans la pièce, je commençai à avoir la nausée. Tous étaient tous beaucoup plus chaleureux. Même Ludovic qui d'habitude m'ignorait superbement rigolait à chaque fois que je disais quelque chose. C'est d'ailleurs en le faisant rire que je fini avec du Malibu recraché sur mon t-shirt. Rien qu'en respirant les fumées, je commençai à me sentir plus délhurée. Benjamin me tendit un verre de Get 27 en me jurant que ce n'était pas fort.

Benjamin: C'est à 18°, ça va c'est pas fort.
Moi: 18° ?! T'es malade ! Passe la Smirnoff plutôt.
Orianne me murmurant à l'oreille, un verre dans une main, un joint dans l'autre: Il y sera arrivé à te faire boire, tu vois !

J'enfilai d'un trais le verre que Benjamin me donna. C'était bon, ca avait le gout de la menthe à l'eau.
Petit à petit, je buvais de plus en plus facilement ce qu'on me donnait sans me préoccuper de la contenance du verre. Je ne sais plus trop ce que j'ai bu. De la vodka à toutes les sauces et bien d'autres...
Vers minuit, on était tous dans un état pitoyable et aucun d'entre nous n'avait le contrôle de quoi que ce soit. J'avais la tête qui tournait mais je m'en foutais. J'avais un peu mal au coeur aussi, mais ça ne m'empecha pas de continuer à boire.
A je ne sais pas quelle heure, j'étais installée sur le canapé, la tête sur les genoux de je ne sais pas qui. En tout cas c'était un garçon vu la voix. Il arrêtait pas dire "Naaan j'suis pas une pizza ! Me mettez pas dans le four ! J'suis pas une pizza" tout en se débattant contre des forces imaginaires. Moi, ça me faisait beaucoup rire. Tellement que je fini par m'étrangler avec ce que je buvais. J'me relevai alors comme je pu en toussant, en manquant de tomber du canapé. Je sentais ma tête tourner comme jamais. Puis quelqu'un me tira les cheveux. Je pensais que c'était pour ne pas que je les éclabousse de vomi, au cas ou... Mais ils étaient empoignés avec une telle force qu'un peu plus et je me retrouvais scalpée.

...: Vas-y dégueule maintenant ! T'es torchée ma pauvre...

J'avais la tête à quelques centimètres du sol et le sang me remontai jusqu'au cerveau. Je commençai à m'étouffer plus sérieusement. Comme si on m'étranglais de l'intérieur. Puis tout ressortis d'un coup. Je crachai mes trippes pendant quelques secondes sur le beau tapis du salon. Puis quand j'eu fini, la personne qui me tenait les cheveux me remonta en tirant un peu plus fort dessus.

...: Eh bah dis-donc, ça te réussis pas l'alcool...

Ma vision se rétablit un peu et je vis Audrey me regarder d'une drôle de façon. Je ne savais pas si c'était de l'amusement que de me voir dans un tel état, de l'énervement d'avoir du me tenir les cheveux, du dégout que de m'avoir vu vomir ou les trois en même temps. En tout cas, elle n'avait pas l'air ravi d'être à moins d'un mètre de moi. Je me levai alors du canapé en titubant à moitié ou en me tenant aux meubles qui se trouvaient sur mon passage. Je passai devant Alex et Julia qui se roulait la pelle du siècle devant Orianne qui était en train de rigoler à s'en tenir les côtes avec Mathieu et Adrien. Puis je vis Benjamin, assis par terre dans la cuisine, le regard perdu entre le four et le frigo. Il avait un bouteille à la main qu'il portait à ses lèvres de temps à autre sans détourner le regard. J'en conclu donc que l'abruti qui se prenait pour une pizza il y a quelques minutes était Ludovic... Celui qui initialement m'évitait comme si j'étais porteuse d'une maladie contagieuse et mortelle. Ce qui expliquait aussi le regard d'Audrey. Forcément... Je m'assis, ou plutôt m'écroulai lamentablement devant Benjamin qui ne bougea pas d'un cil.

Moi: L'est quelle heure ?
Benjamin: Ch'pas.
Moi: C'va pas ?

Son regard vitreux se tourna vers moi. Il me regarda longuement toujours en buvant dans sa bouteille.

Benjamin: Ch't'aim'...
Moi: Quoi ?
Benjamin: Je... T'aime... Bordel je t'aime.

Mon coeur fit un bon quand je compris le sens de ses quelques mots. J'avais reppris quelques unes de mes facultés de compréhension mais mes compétences physiques étaient quasiment inéxistante. Je me demandai alors si c'était grâce à l'alcool qu'il m'aimait ou juste l'alcool qui l'avait poussé à me le dire. Mais mon coeur battait à tout rompre me prouvant que dans tous les cas, je n'étais pas indifférente à ses marques d'affection. Il s'approcha de moi et colla ses lèvres aux miennes en m'allongeant contre le carrelage glacé. Je n'eu pas le temps de contrer son attaque que déjà il enfournait sa langue dans ma bouche. Il puait l'alcool et moi je venais de vomir... Quelle horreur... Je le repoussai doucement mais fermement et il eu l'air encore plus déprimé qu'il y a quelques minutes.

Moi: L'problème c'est qu'j'sais pas si j't'aime moi... Pis... Même si c'est l'cas, t'es bourré. J'veux pas qu'ça foire ça t'vois...
Benjamin: Mais j'suis pas bourré !
Moi: Touche ton nez pour voir...

Il loucha, promena son doigt au dessus de son visage et fini par le poser sur sa joue.

Moi: A part ça t'es pas bourré...

Je sortis mon portable de ma poche. J'avais eu... 5 appels de Nathan. Et il était... 23h32... Ah non ! Putain 3h32 ! Je me levai et cherchais Orianne... Fallait qu'elle me ramène... Bordel elle était plus là... Et Alex non plus. En fait, y avait plus que Mathieu, Ludovic et Benjamin. Pourquoi je les avais pas vu partir putain ? Comment j'allais faire moi ? J'appelai mon répondeur... Deux messages.

Voix du répondeur: Premier message reçu hier à 23h16:
Nathan: Lou, c'est moi. Faut que tu rentres, y a papa qui a appelé. J'ai dit que t'étais dans la douche mais faudrait que tu sois là s'il rappelle. Si tu veux que je vienne te chercher appelle-moi.
Voix du répondeur: Deuxième message reçu aujourd'hui à minuit 20:
Nathan: Putain Lou qu'est ce que tu fais ? Faut absoluement que tu rentres il va pas tarder à arriver...

Les mains tremblantes, je composai le numéro de mon frère. Le premier "bip" n'eu pas le temps de s'achevait. Il décrocha avant.

Nathan: Il est rentré... Il est hors de lui. J'lui ai dit que je savais pas où t'étais que la dernière fois que je t'avais vu t'allais prendre une douche.
Moi: Putain. Et j'fais quoi ?
Nathan: J'peux venir te chercher mais dans tous les cas tu te feras tuer.
Moi: Bordel...
Nathan: Mais qu'est ce que t'as foutu jusqu'à 3h du mat' ? M'dis pas que t'as bu...
Moi: Euh... Un peu. Enfin beaucoup.
Nathan: T'abbuses ! Franchement tu fais n'importe quoi ! J'arrive.

Il me raccrocha au nez, comme ça. Petit à petit, je me sentai plus apte à réfléchir. Ce qui n'était pas du luxe vu ce qu'il m'attendait d'ici une demi heure. J'allais avoir droit à un sermon de mon frère entre la porte d'entrée et son scooter puis à une bonne engueulade avec mon père qui m'infligerait probablement la punition du siècle...
Au fur et à mesure que mes esprits revenaient, je me sentais de plus en plus mal. J'avais un goût atroce dans la bouche, le t-shirt encore imbibé de Malibu, un mal de crâne infernal et un mal au coeur très pronnoncé.
Je me relevai et ouvris le frigo en espérant trouvé quelque chose qui d'une soit plus ou moins bon et de deux ne m'écoeure pas un peu plus.

Moi en ouvrant la porte du frigidère: Hum... Benjamin j'te prends à bouffer hein...
Bejamin: Mmh...

J'attrapai une pomme, refermai la porte en croquant dedans et me dirigeai vers Benjamin.

Moi lui arrachant la bouteille des mains: Aller viens...
Benjamin s'accrochant à la bouteille des deux mains: Naaaaan !
Moi m'accroupissant devant lui: S'il te plait. La soirée n'était pas très réussie. J'voudrai que la dernière heure qui reste soit un peu mieux. Alors viens s'il te plait.

Il me céda alors ses derniers décilitres d'alcool que je vidai dans l'évier. Je finis ma pomme, la jetais, puis il se releva et on partit sa chambre. Je ne savais pas au juste comment on allait faire pour monter les escaliers. Parce que j'avais du mal à gérer mes déplacements, alors je me voyais plutôt mal aider Benjamin à monter jusque dans sa chambre. On réussit tout de même à arriver jusqu'à son lit sans trop de problèmes. A son joli sourire, je su qu'il avait repprit ses esprits. J'étais épuisée et je n'avais qu'une envie: passer le reste de la nuit à ses côtés, sous SA couette et dans SES bras. Après m'être allongée à côté de lui, je sortis alors mon portable. Il était à présent 3h43. Je rappelai Nathan en espérant qu'il accepterait de me laisser ici.

Nathan: Aaallo ?
Moi: C'est moi, t'es parti ?
Nathan: Nan pas encore, je cherche l'ittinéraire.
Moi: Viens pas c'est pas la peine, je dors chez lui.
Nathan: Ecoute, je veux bien que tu sois une grande fille, t'as 16 ans et tout. N'empeche qu'étant irresponsable comme tu l'es, moi j'te laisse pas toute seule là bas.
Moi: Nathan, s'te plait. Je suis crevée. J'ai même pas assez de force pour enlever mon t-shirt et lui il est complètement pété. Je vais pas coucher avec, je veux juste dormir. Puis tu trouveras jamais. S'te plait...
Nathan: Vraiment tu fais chier. Moi j'te couvre plus. Tu te démerderas.

Et il me raccrocha au nez pour la seconde fois. Je me retournai alors vers Benjamin.

Benjamin passant sa main dans mes cheveux: Alors tu restes avec moi ?
Moi: Oui. T'as pas un t-shirt à me passer s'te plait ? Le mien est encore mouillé...
Benjamin se relevant: Oui...

Il farfouilla dans son placard et m'en tendit un qui sentait bon la lessive. J'enlevai le mien en lui tournant le dos, enfilai le sien qui me descendait jusque sous les fesses puis enlevai mon jean. Je le voyait me regarder, malgré la pénombre, comme un gamin regarder une vitrine de jouets. Je m'enfonçai alors sous la couette avant qu'il ne se rince trop l'oeil.

Benjamin: Lou ?

Je me retournai vers lui.

Moi: C'est moi...
Benjamin: Merci d'être là.

Je lui souris. Il caressa ma joue puis m'embrassa longuement. C'était vraiment le plus agréable des remerciements.


Toujours bien ?


Ma fiction sur Tokio Hotel > TH-Fic-tion


Troisième Partie


Jeudi matin, très tôt.
Bip. Bip. Bip.
J'ouvris un oeil, encore assommée par le sommeil et l'alcool et vis mon portable s'exciter tout seul entre Benjamin et moi. Ou plutôt le vieux Nokia de mon frère qui me servait de portable de rechange. Benjamin grogna et le temps de me dire "Ah c'est quoi ? Ca sonne. C'est mon portable. Ah il faut que je réponde." Autant vous dire que "Ah bah merde ça a raccroché". Je pris quand même l'objet réveil qui indiquait un appel manqué de mon père. Il indiquait aussi qu'il était 9h. Benjamin se tourna vers moi. Il faisait encore un peu sombre puisque les volets étaient fermés mais même si mon portable était la seule source de lumière, je distinguais sans trop de mal la tête de Benjamin qui en l'occurrence avait la tête dans le cul. Quoique moi ça ne devait pas être mieux: gueule de bois, yeux de panda et cheveux emmêlés. J'avais la réponse à "Comment casser un mythe en trente secondes ?". Dans d'autres circonstances, ça aurait pu être drôle mais là j'avais pas la tête à rire. Mon portable se remit à sonner. Cette fois, je décrochais à temps.

Moi: Oui ?
Mon père: T'es où ?!
Moi: Chez Benjamin.
Mon père: Me dis pas que t'as dormis avec lui...
Moi: Si si. De toute façon au point où j'en suis j'peux faire les conneries que je veux, tu pourras pas me punir plus.
Mon père: Tu me désespères... J'sais pas ce que je vais faire de toi... Bon il habite où ce Benjamin ?
Moi: A côté de la banque. C'est la maison juste derrière.
Mon père: Bon dans une demi-heure je suis là.

Et il raccrocha. A l'entendre, il était même plus en colère tellement j'étais allée loin...
Je posai mon portable par terre et me rallongeai, la tête sur le torse de Benjamin, déterminée à profiter des petites minutes qui séparaient ce moment de l'engueulade qui m'attendait à la maison. Je fermai les yeux. Qu'est ce que j'étais bien.

Benjamin: C'était ton père ?
Moi: Mmh.
Benjamin: Qu'est ce qu'il t'a dit ?
Moi: Il vient m'chercher dans une demi-heure.
Benjamin: D'accord.

Les minutes s'écoulèrent et seules nos respirations brisaient le silence. Rien que l'idée de devoir me lever dans peu de temps suffisait à m'épuiser...
9h29. Je me décidai enfin à m'extirper de sous la couette. Dans un effort surhumain, je remis mes vêtements de la veille et peu de temps après, mon père m'appela pour me dire qu'il était en bas. Je descendis alors avec Benjamin jusque devant la porte d'entrée. Puis il s'arrêta, la main sur la poignée en métal brossé et me fixa sans rien dire, comme si ses gestes dépendaient de mon bon vouloir. J'eu alors l'impression d'avoir oublié quelque chose, une sorte de goût d'inachevé. Je n'avais surtout aucune envie de partir, mais à chaque "tic-tac" de la pendule, c'était deux secondes de plus qui faisaient bouillonner mon père derrière le ronronnement à peine audible du moteur.

Moi: Hum... Benjamin je voulais te demander un truc...
Benjamin: Ouais ?
Moi: Tu sais hier tu m'as dit...
Benjamin me coupant: Que je t'aimais. C'est ça ?
Moi: Euh oui et j'voulais savoir si c'était vrai ou si c'était du à l'alcool...

Il lâcha la poignée en s'appuyant contre le mur en face de moi et en se passant la main dans les cheveux, l'air embarrassé. Il contempla alors ses pieds, sans rien dire. Puis il releva la tête. Ses joues s'étaient empourprées et c'était d'autant plus touchant puisqu'être gêné n'était pas son genre. Il n'avait pas besoin de dire quoique ce soit de toute façon, son silence parlait pour lui. Etrangement, sa réaction m'avait retourné le coeur. Une flèche de Cupidon, ça fait ça ? Un coup de foudre c'est ça ? J'en avais pas la moindre idée. Je savais juste que si mon coeur faisait vibré ma poitrine, c'était pas pour autre chose que ses beaux yeux gris.
Bip. Bip. Bip.
Forcément !

Moi en décrochant: Allo ?
Mon père: Louise, tu fais quoi ?! Ca fait 10min que je t'attends !
Moi: J'arrive.

Ca faisait même pas 5min qu'il m'attendait, mais allez expliquer ça à une bombe à retardement...
Je m'approchai alors de Benjamin qui avait enfin détourné le regard sur moi.

Moi: Je dois vraiment y aller. Je vais essayer de me connecter, si je peux pas je t'appelle et si je peux pas non plus tu vas me manquer.

J'avais débité ça à une vitesse hallucinante mais avec toute la sincérité dont je disposais. Il me sourit, visiblement soulagé.

Benjamin: Ca me fait chier de m'abaisser à des gamineries du genre "Alors on sort ensemble ?", mais je veux pas qu'y ait d'ambiguïté, tu vois...
Moi en souriant: Oui Benjamin, je suis à partir de maintenant ta petite copine officielle. Maintenant qu'on a fait les gamins pour pas qu'y ait "d'ambiguïté", on peut redevenir des personnes normales de 16 ans.
Benjamin avec un sourire en coin: Mais bien sûr Ma Puce.

Je voyais ses yeux brillaient derrière sa mèche de cheveux. Il posa délicatement ses mains sur mes hanches, me poussa contre le mur et m'embrassa. C'était bien plus long, plus doux et plus agréable que tous les autres baisers qu'on avait échangés.
Je fini par sortir à contre coeur. Et encore, c'est qu'un euphémisme.



J'avoue la suite est courte. Elle devait être plus longue,
mais j'vous avais promis de la mettre ce soir.
Donc j'vous met la "fin de la suite" avant
la suite de mon autre fic. Je vais concentrer
mon énergie sur la suite. Si vous avez rien compris,
je pense que c'est normal xD
BREF...
Qu'est ce qui est bien ? Qu'est ce qui ne l'est pas ?



Quatrième Partie


Je m'attendais en entrant dans la voiture à la dispute du siècle mais au lieu de ça, mon père ne dit rien. Il ne me regarda même pas. Il se contentait de serrer ses mains sur le volant ou sur le frein à main tout en fronçant les sourcils. C'était pire que tout.
Arrivés à la maison, je tentai une esquive et montai dans ma chambre. Mais une fois le pied mis sur la cinquième marche, mon père me demanda froidement de redescendre et d'aller dans le salon. Je m'exécutais alors sans rien dire et m'assis à table en face de lui.

Mon père: Louise, qu'est ce qu'il t'arrive en ce moment ? Elle est passée où la petite fille adorable et obéissante que j'avais ?
Moi: J'sais pas.
Mon père: Et moi je sais pas quoi faire avec toi. J'ai sûrement fait des erreurs et j'en suis désolé, mais les enfants ne sont pas livrés avec un mode d'emploi. Qu'est ce que j'ai fait, hein ?
Moi: T'es jamais là et quand t'es là, tu...
Mon père: Je quoi ?
Moi: Rien.

Au fond, j'aurai voulu lui dire qu'il faisait chier. J'aurai aimer lui crier même pour que ça m'enlève ce poids sur le coeur. Mais j'étais déjà aller beaucoup trop loin, au delà de limites que je n'avais jamais franchi auparavant. Qu'il n'avait jamais eu besoin de poser d'ailleurs.

Mon père: Mais Louise, t'es allée à une soirée sans que je sois au courant ! C'est normal que tu sois punie pour ça !
Moi: Ouais peut-être mais c'est que le lendemain que tu m'as privée de sortie. Tout ça parce que mon portable a sonné à table ! Qu'est ce que j'y peux moi ? J'ai des amis papa ! Pendant un an j'étais toute seule à broyer du noir parce que Naïm était plus là ! Pas une seule fois t'es venue me consoler ! Et maintenant que j'ai retrouvé le sourire, tu m'empêche de sortir ! Tu te rends compte que t'es à deux doigts de me reprocher d'être heureuse. Je reconnais que j'aurai du te prévenir. Mais t'étais pas là ! Encore une fois !
Mon père: Mais Louise je te reproche pas d'être heureuse ! Dis pas n'importe quoi ! Mais tu aurais pu m'appeler ! Le portable qui a sonné c'était la goutte d'eau qui a fait déborder le vase, mais j'aurai voulu que le repas se passe mieux que ça. Comprend-moi aussi...
Moi: Et toi tu me comprends ? Bordel papa pour une fois que je peux changer d'air il faut que tu foutes la merde ! J'en ai marre ! Et tu t'imagines pas ce que ça me fait de voir que t'as voulu remplacer maman !
Mon père: J'ai pas voulu la remplacer, mélange pas tout !

Un silence. Il semblait près à dire quelque chose qui demandait beaucoup de douceur pour que je l'avale sans trop de difficultés. Ca se voyait dans son attitude de père maladroit. En temps normal, le voir chercher les formes pour me dire quelque chose me faisait sourire... Mais là le contexte faisait que je l'aurai bien égorger avec n'importe quoi. Même une rappe à fromage aurait fait l'affaire pour passer ma colère. Le pire, c'est que j'avais mes tords et que ça m'énervait encore plus que de me dire que cette punition de merde n'était peut-être pas si injuste que ça.

Mon père: Louise, j'ai réfléchis et je veux plus que tu les vois ces gens. Je veux pas te voir mal tourner. Je sais que tu vas mal le prendre, mais c'est pour ton bien...

En fait si, c'était injuste. Quel connard ! Et aucun mot assez fort ne pouvais décrire ma colère qu'il aurait fallu faire exploser en exposant le maximum de choses blessantes. C'était très délicat, surtout que je n'avais pas du tout, mais alors pas du tout envie de réfléchir. Je serrai les points en m'enfoncer les ongles dans la paume des mains, serrai les mâchoires au maximum. Des millions d'insultes bouillonner contre lui et ne chercher qu'à être expulsée sur sa gueule de con. Il me dégoûtait sincèrement.

Moi me relevant avec un ton froid: Commence par aller te faire foutre ! Je fais ce que je veux et crois pas que tu m'empêcheras de faire quoique ce soit !

Je remontai alors dans ma chambre et m'enfermai à clé. Puis je m'allongeai sous la couette et ne bougeai plus. Quelques secondes plus tard, mon père tapa à la porte en me demandant d'ouvrir. Je lui avais pourtant dit d'aller se faire voir à cet abruti ! Il m'exaspérait encore plus. A ce moment même il était probablement la personne que je détestais le plus au monde...
En temps normal, j'aurai déverser un flot de larmes sur mon oreiller. Mais là j'avais même plus la force de pleurer. J'étais tellement en colère que je pouvais plus rien faire. J'attendais. Quoi, je ne sais pas. Peut-être que mon père abandonne. Ou alors que Nathan vienne me voir. Mon père arrêta effectivement, mais une demi-heure plus tard, Nathan n'était toujours pas venu voir ce qu'il se passait. Pourtant il devait bien être réveillé avec le bruit qu'on avait fait. Et d'habitude il venait toujours me voir dans des cas pareils...
Je sortis de ma chambre en évitant de faire du bruit pour ne pas que mon père vienne me voir et frappai à la porte de Nathan.

Nathan: Ouais.

J'entrais et refermai la porte. Il était assis à son bureau, dos à moi.

Moi: Hum... Nathan.
Nathan tournant sur sa chaise: Quoi ? Oui tu t'es fait engueulée. J'ai entendu. Et non je viendrai pas te consoler parce que même si je suis d'accord avec toi sur certains points, hier soir t'as abusé et pas que par rapport à papa.
Moi: J'suis désolée...
Nathan: Je m'en fous !

Il se remit face à son bureau et ne dit plus rien. Ca me faisait mal au coeur de le voir si distant alors que notre relation était en général si fusionnelle. Je me sentais coupable, c'est évident, mais puisqu'il ne voulait pas de mes excuses, je ne voyais pas trop ce que je pouvais faire de plus. Je repartis alors dans ma chambre sans un mot, en tâchant de ne pas pleurer. Fallais que je sois forte, parce qu'au fond, comme ils me le prouvaient, c'était bien fait pour ma gueule. Alors je ravalais mes sanglots en entassant des vêtements au hasard et quelques bricoles dans mon Longchamp le plus grand. Je savais très bien ce que je faisais. J'avais conscience que ce que je faisais inquièterait Nathan et mon père. C'était le but, avant même de ne plus avoir à les voir. Alors bien que fuguer était loin d'être une preuve de maturité, j'enfilai mon manteau, pris mon sac rempli au maximum et partis. Mon père ne remarqua rien. Même pas les marches qui craquait sous mes pieds quand je descendais, même pas la porte qui claqua légèrement lorsque je la fermai. Jamais je n'aurai penser que m'en aller serait aussi simple.
Je rejoignis le bord de la route principale qui menait vers chez tout le monde, et à partir de là, bien que je connaissais les lieux comme ma poche, je me sentis relativement perdue. Pour pas arranger les choses, le temps était si dégueulasse qu'on aurait dit qu'il faisait nuit en plein jour. Le ciel était gris foncé, les maisons disparaissaient sous la faible luminosité et les rares arbres se pliaient face aux rafales de vent. Personne n'avait penser à allumer les réverbères. Trop cher et inutile en temps normal, là ça n'aurait pas était du luxe. Alors les sources de lumières provenaient en majeure partie des fards des voitures et un peu aussi du soleil qui brillait surtout par sa façon d'être caché derrière des tonnes de nuages. C'était flippant. Morbide surtout. Et vu mon moral j'avais vraiment pas besoin de ça.
Je pris le chemin de chez Alexis et Orianne. Probablement parce que j'avais besoin d'une amie à qui tout raconter et que c'était eux qui étaient les plus près.
Des sanglots restaient bloqués dans ma gorge mais je pris sur moi pour ne pas me mettre à pleurer. J'avais déjà assez de mal à voir devant moi à cause de la météo, j'avais pas besoin de voir flou à cause de mes larmes...
Jamais le chemin ne m'avait paru aussi long. J'essayai de penser à autre chose de ce pourquoi j'étais là, mais pas moyen. Les réactions de mon frère et de mon père me réapparaissaient comme des flashs. Je me sentais conne de faire ce que je faisais. Mais c'était encore plus dur de rebrousser chemin que de continuer à avancer.
Je fini par arriver devant chez eux. J'hésitais à sonner, puis je pris mon courage à deux mains. C'est Alexis qui m'ouvrit la porte. Il eut l'air surprit de me voir.

Alexis: Lou, ça va ? Qu'est ce que tu fais là ?
Moi: Euh bah...
Alexis: Viens, entre.

Je fis alors ce qu'il me dit et il referma la porte derrière moi. Il faisait chaud, ça faisait du bien.

Alexis: Tu veux voir Orianne ?
Moi: Euh ouais...
Alexis: Viens.

Il monta les escaliers et je le suivis. Il me conduisit jusqu'à la chambre de sa soeur et me fit entrer. C'était joli, chaleureux et ça sentait l'encens. Elle était assise sur son lit, son ordinateur portable sur les genoux et Hey There Delilah de Plain White T's résonnait doucement entre les murs colorés.

Orianne: Comment ça se fait que t'es là toi ? (Elle enlevant son ordinateur de ses genoux et se leva) T'en fais une tête... Lou qu'est ce qu'il se passe ?
Alexis: Vous voulez que je vous laisse ?
Orianne: Euh... Ouais.

Il referma la porte. Moi je ne disais toujours rien. Elle me fit asseoir sur son lit et s'installa à côté de moi.

Orianne: Alors Lou, qu'est ce qu'il va pas ?
Moi: C'est long à expliquer. Et bon je sais que ça se fait pas mais... Je peux dormir chez toi ce soir s'il te plait ?
Orianne: P'tain me dit pas que t'as fugué !
Moi: Si.
Orianne: Bon... Bien sûr tu peux dormir chez moi. Mais explique moi ce qu'il se passe.
Moi: Ben... Je me suis engueulée avec mon père.
Orianne: Et ta mère a rien dit ?

C'était un peu trop dur pour tenir le coup. Ma mère quoi... Ma vision se flouta des larmes que je refoulais depuis un bon moment déjà. Malgré ça, j'aurai voulu lui expliquer... J'aurai surtout voulu pas chialé sous son air désemparé. J'aurai voulu être un peu plus forte, que mon coeur ne fasse pas de gros bonds sous l'émotion, que ma gorge ne se noue pas machinalement que mon visage reste sec, que mes mains ne tremblent pas. Autrement dit, je demandais l'impossible, un miracle en quelque sorte. Mon visage se déformait sous la douleur d'un passé invisible aux yeux de beaucoup de monde. Et elle, elle savait visiblement pas quoi faire.

Orianne: Qu'est ce qu'il y a ?
Moi: Ma mère elle est... Morte quand... J'avais 3 ans.
Orianne: Oh je suis désolée, je savais pas. (Elle ouvrit ses bras et s'approcha de moi) Viens là.

Elle me serra un moment, attendant que mon corps cesse de se secouer au rythme de mes sanglots. Son t-shirt épongeait ma tristesse et mon reste de maquillage tandis qu'elle caressait mon dos en partageant du mieux qu'elle pouvait ce que je ressentais. Je finis par me calmer et elle desserra l'étreinte. Puis elle essuya mes joues avec un petit sourire compatissant. Jamais elle pourrait me comprendre, c'était évident. Mais ça faisait du bien quand même de la sentir près de moi.

Orianne: Aller, pleure plus. Tu vas m'expliquer ce qu'il s'est passé avec ton père et on va passer l'aprèm toutes les deux. On regardera une bonne comédie américaine en mangeant du pop corn et on se saoulera au Coca. Ok ?

J'étais obligée de sourire en la voyant si résolue à m'aider et à me soutenir.
Je lui expliquai alors ce qu'il s'était passé en détaillant les scènes importantes et en marquant des pauses pour ne pas faillir face à la situation que je lui exposais. Elle m'écouta, sans rien dire. Elle m'écoutait, c'était l'essentiel. Ca faisait un bien fou de voir que même si ça ne faisait que quelques jours que je la connaissais vraiment, elle était présente même dans ces circonstances. Quand je finis mon récit, quelque part soulagée, c'était Stay Together For The Kid de Blink 182 qui tenait lieu de léger fond musical.

Orianne: Ok je vois. Mais t'inquiète pas, ça s'arrangera. Quand ils se seront bien inquiétés, je pense que vous trouverez un compromis. Je vais pas te faire la morale, vaut mieux que tu fugues plutôt que tu t'entailles les poignets hein.
Moi: Ouais c'est sûr vu comme ça, j'ai pas choisi la pire des solutions.
Orianne: Nan mais se mutiler c'est pas la pire !
Moi: Ouais y a se suicider aussi. Mais ça va je vais pas me suicider pour ça, j'aime un peu trop la vie pour ça.
Orianne: T'as vu comme je suis forte pour te faire positiver !
Moi en souriant: Je vois, je vois.
Orianne: Eh dis ! T'as dormi chez Benjamin... Me dis pas qu'il s'est rien passé...
Moi: Ouais bah si. On sort ensemble.
Orianne: Aaah j'en étais sûre ! C'était obligé ! Audrey me croyait pas. Elle va être blasée de voir que ça fait six mois qu'elle tente avec Ludovic et qu'elle arrive à rien et que toi en quelques jours... Ah là là j'en étais sûre ! J'suis contente pour vous en tout cas. Tu verras il est adorable. Il a tellement de qualités que c'est son plus gros défaut.

On se sourit un moment.

Orianne: Bon, faut que je prévienne ma mère que tu dors là... Bouge pas, je l'appelle du fixe en bas. Regarde dans le meuble sous la télé, y a tous les DVD. Choisis ce que tu veux. On le regardera après manger.
Moi: Ouais ok.

Je partis m'accroupir devant sa belle collection tandis qu'elle descendait vers le salon. Le choix ne fut pas bien difficile: Le journal de Bridget Jones, sans hésitation. A ce moment là, mon portable sonna. C'était mon frère. Il pouvait aller se faire voir. Je l'éteignis pour être sûre de ne pas être dérangée et me rasseyai sur le lit d'Orianne. Sur son ordinateur, trois fenêtres de conversations sur MSN clignotait en orange. Y avait Ben, Audrey et Adrien. J'ouvris celle avec Benjamin.

Cendrillon dit :
Coucou mon Coeur =)
QU'EST-CE QU'ELLE EST BELLE <3 dit :
Orianne ? oÔ
Cendrillon dit :
Nan c'est Lou
QU'EST-CE QU'ELLE EST BELLE <3 dit :
T'es chez Orianne ?
Cendrillon dit :
Ouaip
QU'EST-CE QU'ELLE EST BELLE <3 dit :
Ah ça s'est arrangé avec ton père alors...
Cendrillon dit :
Non mais je t'expliquerai plus tard
QU'EST-CE QU'ELLE EST BELLE <3 dit :
Euh ouais d'accord

Orianne remonta.

Orianne: Voilà ma mère est prévenue. Bon, on regarde le film après manger, hein ? (Regardant l'écran au dessus de mon épaule) Ah tu parles à ton chéri !
Moi: Oui. Mais c'est bon, je lui dis au revoir.

Cendrillon dit :
Je te laisse
QU'EST-CE QU'ELLE EST BELLE <3 dit :
Je t'aime
Cendrillon dit :
Moi non =)
Cendrillon dit :
Nan je rigole boude pas Mon Amour (L)

Je me déconnectais de la session d'Orianne et m'allongeai sur son lit. J'étais bien. Du moins à peu près... J'étais crevée mais j'avais retrouvé le sourire parce qu'elle était là. Et puis y avait Benjamin aussi... N'oublions pas l'Essentiel.


Voilà la suite de la suite.
Qu'est ce qui est bien ? Qu'est ce qui ne l'est pas ?
Donnez moi votre avis. TOUS, TOUS, TOUS.
Un petit commentaire, c'est pas grand chose,
& ça me permettra de savoir qui lit ma fiction.
Et si vous pouviez m'dire votre âge aussi...
J'suis exigeante je sais, je sais =)

# Posté le mercredi 31 octobre 2007 11:17

Modifié le vendredi 15 février 2008 10:17